Benjamin Brière : l’État français reconnaît un traitement inacceptable après sa détention en Iran

Benjamin Brière, ex-otage français détenu en Iran pendant près de trois ans, a récemment dénoncé l’« abandon » de l’État français à son égard. Son retour en mai 2023 a été marqué par des difficultés administratives, notamment des reproches du service des impôts concernant la non-déclaration de ses revenus, alors qu’il était en prison. Ce dimanche 12 avril, la Direction générale des Finances publiques a exprimé ses regrets sur le traitement qu’il a reçu.

EN BREF

  • Benjamin Brière, ex-otage en Iran, critique l’État français pour son abandon.
  • La DGFiP admet un traitement inacceptable de son dossier fiscal.
  • Des anciens otages demandent un meilleur accompagnement par l’État.

À son retour en France, Benjamin Brière, âgé de 40 ans, a raconté les difficultés qu’il a rencontrées avec les services fiscaux. Après avoir passé 1 079 jours dans une prison iranienne, il s’est vu demander par un agent des impôts pourquoi il n’avait pas déclaré ses revenus durant cette période. Sa réponse, expliquant qu’il était incarcéré, a suscité une réaction choquante de l’administration, qui a suggéré que sa famille aurait pu s’en charger.

« On m’a demandé pourquoi je n’avais rien déclaré depuis quatre ans. J’ai expliqué que j’étais en prison, que je n’avais pas pu le faire. Ce à quoi l’agente des impôts me dit que même en prison, on fait sa déclaration », a-t-il affirmé. Cette situation a profondément affecté Brière, qui a déclaré ne plus exister aux yeux de la Sécurité sociale et de France Travail. Pour obtenir les huit mois d’indemnités chômage qui lui étaient dus, il a dû solliciter l’aide d’un député, qui a ensuite interpellé le ministère du Travail à son sujet.

La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a reconnu la gravité de la situation. Dans un communiqué publié sur son compte X, elle a présenté ses excuses pour le traitement dont a été victime M. Brière. « M. Brière a notamment fait état d’un premier contact anormal avec une agente dans un service des impôts qui n’a pas perçu la gravité de sa situation. La réponse qui lui a été apportée est inacceptable », a souligné la DGFiP. L’administration a également assuré que son dossier avait été régularisé rapidement et avec le soin approprié.

Cette reconnaissance de l’État a été accompagnée d’un engagement à éviter la répétition de tels incidents. « Ce défaut d’accompagnement est tout à fait contraire à nos valeurs », a ajouté l’organisme, qui promet des améliorations dans le traitement des cas particuliers.

En parallèle, Benjamin Brière et une quarantaine d’autres ex-otages ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron en janvier 2026, demandant un soutien accru de l’État français. Ils réclament des « droits clairs » et « opposables » pour les personnes ayant subi des détentions arbitraires. À leur retour, les anciens otages reçoivent une attestation de la part du ministère des Affaires étrangères, mais les critères de reconnaissance de leur statut d’otage ne sont pas toujours bien définis.

Benjamin Brière est désigné comme « détenu arbitraire », tandis que d’autres, comme Camilo Castro, libéré du Venezuela, sont considérés comme de simples « détenus », une distinction qui suscite des interrogations et des frustrations parmi les proches et les soutiens de ces personnes. Les anciennes victimes appellent à une clarification des critères de reconnaissance de leur situation et à des droits plus étendus, qui leur permettraient de bénéficier d’un soutien adapté à leurs expériences traumatisantes.

En somme, l’affaire de Benjamin Brière met en lumière les lacunes de l’accompagnement des anciens otages par l’État français, un sujet qui mérite une attention particulière pour éviter que d’autres ne vivent des situations similaires à l’avenir.