Benoît Payan réélu à Marseille, le Rassemblement national efface la droite traditionnelle

Le 22 mars 2026, Benoît Payan, maire sortant de Marseille, a été réélu avec un score confortable lors du second tour des élections municipales. Sa liste de gauche, hors de tout rattachement à La France Insoumise (LFI), a remporté 54,34% des voix, devançant ainsi le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio, qui a obtenu 40,30%. La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a quant à elle à peine passé la barre des 5%, lui permettant d’obtenir quatre sièges au conseil municipal.

EN BREF

  • Benoît Payan remporte 54,34% des voix à Marseille, contre 40,30% pour le RN.
  • Martine Vassal, candidate de la droite, obtient moins de 5% des suffrages.
  • La participation électorale s’élève à plus de 55% au second tour.

Cette victoire marque un tournant pour Marseille, qui a connu un basculement à gauche lors des municipales de 2020, après 25 années de domination de la droite. Le score élevé du RN lors du premier tour, le 15 mars, avait suscité des inquiétudes, mais le retrait de LFI a finalement favorisé la réélection de Benoît Payan.

« Les Marseillaises et les Marseillais viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement », a déclaré le maire ému, rappelant que cette ville, souvent perçue comme perdue pour la gauche, a su faire preuve de résilience. À son arrivée au Vieux-Port, il a été accueilli par une centaine de partisans, témoignant d’un soutien solide.

Sarah Chaabi, militante et proche de Payan, a souligné l’importance de cette mobilisation électorale, affirmant : « On avait vraiment des craintes surtout après le résultat du premier tour. On s’est mobilisés et ça a marché. » Pour Amine Kessaci, numéro trois sur la liste, cette victoire représente un hommage à son frère, victime d’un acte de violence en novembre dernier.

Franck Allisio, candidat du RN, a axé sa campagne sur des thèmes de sécurité, promettant d’augmenter les effectifs de la police municipale. Malgré sa défaite, il a affirmé que le score de son parti était sans précédent à Marseille, notant que jamais un candidat de la droite ou du camp national n’avait réuni autant de suffrages depuis 1983. Il a également critiqué les leaders de la droite locale, accusant Martine Vassal et Renaud Muselier d’avoir trahi les électeurs de la droite sincère.

La dynamique du scrutin a changé depuis 2020, rendant difficile la comparaison des résultats. Toutefois, Allisio a plus que triplé le nombre de voix du RN par rapport au second tour de 2020, un fait qui illustre la montée en puissance de son parti. Il a également noté que le RN avait réussi à conquérir deux des huit mairies de secteurs de la ville, renforçant ainsi sa présence politique.

Le nouveau conseil municipal se réunira début avril, et tous les regards sont désormais tournés vers la métropole Aix-Marseille-Provence, qui a été dirigée par Martine Vassal. Cette réélection de Payan pourrait avoir des implications importantes pour les futures orientations politiques de la ville et de la métropole.

La campagne électorale, marquée par des enjeux de sécurité et d’identité, a révélé des fractures profondes dans le paysage politique marseillais. Le défi pour le maire réélu sera de maintenir l’unité de la ville tout en répondant aux préoccupations des citoyens face à une menace croissante de l’extrême droite.