Neuf mois après le décès de Brigitte Bardot, les tensions au sein de sa famille persistent. Le 21 septembre, une vente aux enchères de 285 objets issus de son appartement parisien a enflammé les relations entre Bernard d’Ormale, son époux pendant 34 ans, et Nicolas-Jacques Charrier, son fils unique. Ce conflit va bien au-delà d’une simple question d’argent et touche à l’héritage moral de la célèbre actrice.
EN BREF
- Une vente aux enchères de 285 objets de Brigitte Bardot a suscité un conflit familial.
- Bernard d’Ormale dénonce une mise à l’écart et un déballage commercial.
- Nicolas-Jacques Charrier défend la vente pour éviter un garde-meubles.
L’appartement de la rue de la Tour à Paris, où Brigitte Bardot avait laissé une part significative de son histoire, est au cœur de ce différend. Après son décès le 28 décembre dernier, les objets de ce logement sont devenus un symbole des tensions familiales. Bernard d’Ormale exprime sa colère dans les colonnes de Nice-Matin, dénonçant un « déballage commercial qui écorche l’héritage moral » de l’icône. Il s’interroge : « Pourquoi aller vendre Brigitte ainsi à la découpe alors qu’ils n’ont pas besoin de fric ? »
Outre la vente des objets, Bernard d’Ormale affirme avoir été écarté de la Fondation Brigitte Bardot. Cette exclusion est justifiée par un « profond désaccord éthique » selon l’organisation. Ce renoncement a ravivé des souvenirs de choix regrettés, tandis que Bernard craint que ses propres affaires, restées dans les résidences du couple, ne soient également mises en vente.
Le conflit se complexifie avec la déclaration de la Fondation, qui affirme que l’appartement parisien a été hérité par Nicolas-Jacques Charrier. Ce dernier aurait conduit la vente avec l’accord de Bernard, ce qui constitue un point de friction majeur. Selon Nicolas-Jacques, cette démarche pragmatique visait à éviter que les biens de sa mère ne soient stockés dans un garde-meubles, contredisant ainsi les accusations de cupidité portées par Bernard.
La précarité de Bernard d’Ormale, qui réside actuellement dans un logement social à Saint-Tropez, ajoute une dimension poignante à ce conflit. Bien qu’il ait partagé 34 ans de vie avec Brigitte Bardot, il a refusé tout avantage matériel, souhaitant éviter les suspicions de profit à son égard. « J’ai aussi refusé toute donation car je ne voulais pas que l’on dise : ’Il a profité d’elle…’ », confie-t-il, illustrant ainsi un choix qui souligne les complexités de leur relation.
Son ignorance concernant l’usufruit de l’appartement témoigne de son éloignement des questions matérielles. Leur union, célébrée religieusement en Norvège en 1992, n’ayant jamais été reconnue légalement en France, le place dans une situation délicate face à l’héritage. En l’absence de statut légal, Bernard d’Ormale ne peut que contester cette situation à voix haute.
Ce mariage non reconnu, cette découverte tardive de l’usufruit, et cette vente d’objets sans son approbation illustrent les zones grises qui entourent l’après-Bardot. La question demeure : quelle sera la mémoire matérielle de l’une des plus grandes actrices françaises du cinéma ? Chacun dans cette histoire semble avoir sa propre vision de l’héritage de Brigitte Bardot, mais personne ne semble prêt à trancher sur son avenir.