Bernard-Henri Lévy, lors de sa visite à Nice pour présenter son ouvrage Mémoires provisoires, a exprimé des opinions tranchées sur la situation politique de la ville et sur le nouveau maire, Éric Ciotti. Dans une interview accordée à Nice-Matin le 18 octobre, il évoque son attachement à Nice tout en déplorant les conséquences de l’élection de Ciotti, qu’il considère comme un signe inquiétant pour la démocratie.
EN BREF
- Bernard-Henri Lévy déplore l’élection d’Éric Ciotti à Nice.
- Il évoque un « séisme démocratique » en cas de montée du RN.
- Le philosophe soutient Raphaël Glucksmann pour l’élection présidentielle de 2027.
« J’aime Nice à la folie », a déclaré Bernard-Henri Lévy, soulignant son lien personnel avec la ville où il revient depuis son enfance. Cependant, son enthousiasme est tempéré par ses inquiétudes face à l’ascension d’Éric Ciotti, qu’il voit comme un allié du Rassemblement national (RN). Pour Lévy, cette situation représente une menace pour la démocratie. « Une démocratie malade, donc en danger », a-t-il précisé, pointant du doigt l’irresponsabilité des extrêmes politiques, notamment le RN et La France insoumise (LFI), qui, selon lui, plongent la France dans le chaos.
Dans cette interview, Bernard-Henri Lévy a exprimé son malaise face à l’atmosphère de la campagne municipale à Nice, qu’il qualifie de « climat délétère ». Il a fait état de son désarroi devant les attaques personnelles dont a été victime Christian Estrosi, ancien maire de la ville. « J’ai l’impression que Nice cède à une tentation nationale », a-t-il déclaré, déplorant que la ville, connue pour ses artistes comme Romain Gary et Henri Matisse, soit le théâtre d’un tel déclin.
En outre, Lévy a affirmé son engagement à s’impliquer activement dans le débat politique jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, car il estime que « l’heure est trop grave » pour rester inactif. Son opposition à Éric Ciotti et au RN est sans équivoque, et il se dit prêt à soutenir tout candidat qui pourrait rompre le « duel infernal entre Le Pen et Mélenchon », indépendamment de son appartenance politique.
En ce qui concerne ses préférences pour la présidentielle, Lévy a exprimé son soutien pour Raphaël Glucksmann, qu’il décrit comme un « candidat de grande qualité et charismatique ». Néanmoins, il reste conscient que la priorité actuelle est de contrer l’influence du RN et de LFI. « Je voterai le moment venu pour celui, quel qu’il soit, qui permettra de casser ce duel infernal », a-t-il affirmé, soulignant ainsi l’importance de l’unité contre les extrêmes.
Cette situation à Nice est d’autant plus significative pour Bernard-Henri Lévy, qui considère la ville comme son « arrière-pays », où il a également des liens personnels, notamment avec Saint-Paul-de-Vence. Sa déception face à l’élection de Ciotti est donc aussi teintée de sentiments personnels, révélant la complexité de son attachement à cette région.
En somme, les propos de Lévy mettent en lumière des enjeux cruciaux pour l’avenir politique de Nice et de la France, alors que le pays se prépare pour une élection présidentielle qui s’annonce déjà passionnée.