Booba devant la justice pour cyberharcèlement : le procès de Magali Berdah prévu en 2027

Icône du rap français depuis plus de vingt ans, Booba, connu sous le nom d’Élie Yaffa, fait l’objet d’une attention médiatique qui dépasse ses performances musicales. En effet, l’artiste est actuellement impliqué dans une affaire judiciaire majeure, le renvoyant devant le tribunal correctionnel de Paris pour cyberharcèlement moral aggravé à l’encontre de Magali Berdah, une influente agente d’influenceurs. Cette dernière, fondatrice de Shauna Events et suivie par 1,8 million d’abonnés sur Instagram, se trouve au cœur d’un feuilleton numérique qui soulève des questions cruciales sur la responsabilité des personnalités publiques et des influenceurs sur les réseaux sociaux.

EN BREF

  • Booba jugé pour cyberharcèlement moral à l’encontre de Magali Berdah.
  • Le procès est prévu pour le 25 mars 2027 à Paris.
  • Plusieurs centaines de publications ont visé Magali Berdah durant trois ans.

Le 8 juillet 2026, l’ordonnance de renvoi signée par deux juges d’instruction a mis en lumière l’ampleur du phénomène de cyberharcèlement dans le domaine publicitaire et médiatique. Selon les informations judiciaires, plusieurs centaines de publications ont été dirigées contre Magali Berdah entre mai 2022 et juin 2025. Les magistrats et avocats évoquent ainsi une affaire sans précédent en France, la qualifiant de « plus grosse affaire de cyberharcèlement » à avoir jamais été portée devant la justice.

Magali Berdah, dans un entretien accordé à l’AFP, a décrit les effets dévastateurs de cette campagne de harcèlement. « C’est une mise à mort. Ça vous tue petit à petit, parce que vous n’arrivez plus à respirer », a-t-elle déclaré. Ses propos soulignent la violence insidieuse du harcèlement numérique, souvent invisible pour le grand public, mais qui laisse des séquelles profondes sur ses victimes.

Le rappeur Booba, qui revendique une posture de « lanceur d’alerte », a vu ses critiques se transformer en attaques personnelles, franchissant ainsi la ligne entre critique publique et harcèlement. Sa communauté, surnommée les « pirates », joue un rôle clé dans cette dynamique, relayant ses publications et ciblant les personnes visées. Les attaques, qui vont bien au-delà de la simple moquerie, incluent des attaques sur la religion et des révélations sur la vie privée de Berdah, illustrant ainsi la toxicité de certains discours sur les réseaux sociaux.

Aux côtés de Booba, deux autres prévenus seront jugés pour complicité : Grégory Zaoui, une figure du milieu économique, et une ancienne employée de Berdah. Tous devront répondre de leur rôle dans cette affaire, qui engage la responsabilité des influenceurs et leur impact sur les réseaux sociaux. Le procès, qui n’aura lieu que dans plusieurs mois, soulève déjà des débats sur la frontière entre liberté d’expression et harcèlement en ligne.

Les avocats de Magali Berdah insistent sur la responsabilité de Booba, le qualifiant de « chef de meute ». Ils affirment qu’il est le principal instigateur de cette campagne de dénigrement, indiquant que sans son influence, le harcèlement n’aurait pas pris une telle ampleur. Le rapport de force numérique entre influenceurs, followers et institutions est plus que jamais mis en lumière, et la justice est confrontée à la nécessité de définir des limites claires à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Déjà, en mars 2024, 28 internautes avaient été condamnés pour leur participation au cyberharcèlement de Berdah, prouvant que cette affaire va bien au-delà des célébrités. L’impact du harcèlement en ligne interroge la capacité des institutions à protéger les personnes ciblées par ces attaques numériques.

Booba, qui conteste les accusations portées contre lui, attendra son procès sous contrôle judiciaire. Résidant habituellement à Miami, il défend le caractère de ses publications comme un engagement citoyen. L’audience de mars 2027 sera cruciale pour établir un équilibre entre critique, opinion publique et responsabilité pénale.