Booba jugé pour cyberharcèlement : huit mois de prison avec sursis requis

Le procès de Booba, célèbre rappeur français, s’est tenu récemment au tribunal correctionnel de Paris, mettant en lumière les enjeux du cyberharcèlement et la responsabilité des influenceurs sur les réseaux sociaux. Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, est jugé pour injures publiques et cyberharcèlement aggravé à l’encontre de Linh-Lan Dao, journaliste à France Info, ainsi que Tristan Mendès France, essayiste. Les réquisitions de la procureure sont sévères : huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne.

EN BREF

  • Booba est jugé pour injures publiques et cyberharcèlement envers Linh-Lan Dao.
  • La procureure a requis huit mois de prison avec sursis et une amende de 30 000 euros.
  • Le procès soulève des questions sur la responsabilité des influenceurs face à la haine en ligne.

Les événements ayant conduit à ce procès remontent à janvier 2024, lorsque Linh-Lan Dao a publié un article sur France Info, critiquant une affirmation de Booba concernant un lien entre les vaccins à ARN messager et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En réponse, Booba a utilisé son compte X (anciennement Twitter) pour attaquer la journaliste avec des messages à connotation raciste et sexiste. Un des tweets, accompagné d’une photo de la journaliste, a particulièrement choqué : il y évoquait « les basics ou un strip poker sans cartes autour d’un bon wok de légumes », insinuant des stéréotypes liés à ses origines vietnamiennes.

Cette série de publications a entraîné un déferlement de messages haineux à l’encontre de Linh-Lan Dao, qui a reçu, selon son avocate, « plusieurs dizaines de milliers » de commentaires agressifs. La journaliste a témoigné qu’elle se sentait « armée par la meute » de Booba, ajoutant : « Quand M. Yaffa tweete, il met une cible dans le dos. » Pour elle, la responsabilité du rappeur dans cette situation est indéniable, même s’il a nié vouloir injurier ou harceler.

Booba a reconnu avoir écrit ces messages, mais s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas responsable de la réaction de ses abonnés. Ce procès soulève des interrogations sur le pouvoir des personnalités publiques sur les réseaux sociaux et sur les conséquences de leurs actes dans un paysage numérique où la haine peut se propager à une vitesse fulgurante.

Le 1er avril 2026, alors que l’audience se tenait, Booba était absent, signalant une blessure sportive comme raison de son non-rapport. Son avocate a insisté sur le fait qu’il était incapable de comparaître, alimentant les spéculations sur ses véritables intentions. Cela n’était pas la première fois que le rappeur manquait un rendez-vous judiciaire, et son éloignement aux États-Unis semble également suggérer une volonté de rester à l’écart des controverses françaises.

Le tribunal a tout de même poursuivi les débats en son absence, et la procureure a été claire dans ses réquisitions. L’affaire est désormais mise en délibéré jusqu’au 2 juin 2026, date à laquelle le verdict sera rendu. La question reste posée : comment la justice française peut-elle répondre à la spirale de la haine numérique et protéger les journalistes face à des attaques orchestrées par des figures influentes ?

En plus de ce procès, Booba fait face à d’autres accusations de harcèlement, notamment à l’encontre de Magali Berdah et Demdem, ce qui pourrait entraîner d’autres conséquences judiciaires. Le parquet de Paris a déjà évoqué des faits similaires dans le cadre de l’affaire Berdah, qui pourrait donner lieu à une action distincte, soulignant la gravité des accusations portées contre le rappeur.