Le 31 octobre 2024 a marqué une étape cruciale dans l’affaire de l’assassinat de Marielle Franco, élue municipale de Rio de Janeiro et figure emblématique des luttes pour les droits des Noirs et des personnes LGBT+ au Brésil. Huit ans après le drame survenu le 14 mars 2018, les commanditaires présumés de ce crime odieux débutent leur procès devant la Cour suprême à Brasília.
EN BREF
- Le procès des commanditaires de Marielle Franco a débuté le 31 octobre 2024.
- Les frères Chiquinho et Domingos Brazao sont accusés d’avoir commandité l’assassinat.
- Marielle Franco était une défenseure des droits des Noirs et des LGBT+ au Brésil.
À l’époque de son assassinat, Marielle Franco, alors âgée de 38 ans, était connue pour son opposition à des politiques favorisant l’accaparement des terres par des milices à Rio. Les deux frères Brazao, anciens députés, sont accusés d’avoir orchestré son meurtre en raison de ses positions politiques. Les circonstances de son assassinat ont profondément choqué la société brésilienne et ont suscité des manifestations à l’échelle nationale et internationale.
Le tir qui a mis fin à ses jours a également coûté la vie à son chauffeur, Anderson Gomes, dans un acte qui a révélé les tensions sociales et politiques au Brésil. Les tireurs, Ronnie Lessa et Elcio Queiroz, avaient déjà été condamnés en octobre 2024 à de lourdes peines de prison, mais le procès actuel se concentre sur ceux qui ont commandité le crime.
Les accusations et le contexte
Les procureurs affirment que Chiquinho Brazao et son frère Domingos avaient un mobile clair : Marielle Franco s’opposait à leurs propositions au sein du conseil municipal, ce qui menaçait leurs intérêts dans un environnement déjà tendu par la présence de milices armées.
Marielle Franco, issue d’une favela, avait toujours plaidé pour les droits des plus vulnérables, notamment les jeunes Noirs, les femmes et les membres de la communauté LGBT+. Sa sœur, Anielle Franco, actuellement ministre de l’Égalité raciale, a assisté au procès, soutenue par d’autres membres de la famille. Dans une déclaration, elle a exprimé sa conviction que justice sera rendue.
La veuve de Marielle, Monica Benicio, a également pris la parole, insistant sur l’importance de la condamnation des responsables tout en avertissant que l’écosystème criminel qui a causé la mort de Marielle continue d’opérer. Les milices, formées par d’anciens policiers, se sont transformées en véritables gangs d’extorsion, s’accaparant des terrains publics et bénéficiant de soutiens politiques.
Les autres accusés et l’impact de l’affaire
Le procès ne concerne pas uniquement les frères Brazao. Trois autres personnes sont également jugées, dont Rivaldo Barbosa, ancien commissaire de police, accusé d’avoir entravé l’enquête. Les cinq accusés ont été placés en détention provisoire, Chiquinho Brazao étant assigné à résidence en raison de son statut parlementaire.
Ce procès se déroule dans un contexte où la société brésilienne est de plus en plus vigilante quant à la violence politique et aux atteintes aux droits humains. La mort de Marielle Franco est devenue un symbole fort de la lutte contre l’impunité au Brésil, et la pression pour obtenir justice reste forte, tant au niveau national qu’international.
Le juge Alexandre de Moraes, rapporteur de cette affaire, a souligné que l’accusation repose sur des preuves solides, bien au-delà des déclarations du tireur. La décision de la Cour suprême, composée de magistrats aux opinions variées, pourrait influencer la perception de la justice au Brésil.
En attendant le verdict, les proches de Marielle Franco et les défenseurs des droits humains espèrent que ce procès marquera un tournant dans la lutte contre la violence et l’impunité au Brésil. La société civile continue de suivre de près cette affaire, qui reste emblématique des défis auxquels le pays est confronté.