Ce jeudi, le gouvernement a présenté son projet de budget pour 2027, dévoilant des prévisions de dépenses de l’État marquées par une augmentation très modeste. Selon le ministre des Comptes publics, David Amiel, cette hausse des dépenses sera quatre fois inférieure à l’inflation prévue.
EN BREF
- Le gouvernement prévoit une hausse des dépenses de seulement 0,4 % en 2027.
- Les crédits pour la Défense augmenteront de 6,4 milliards d’euros.
- Des coupes sont annoncées dans plusieurs ministères, dont le Travail et l’Agriculture.
Le ministère de l’Économie et des Finances a fixé les plafonds de dépenses dans le cadre de ce budget, souvent désigné comme « budget de sauvegarde républicaine ». En juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé à ses ministres de réduire leurs demandes budgétaires initiales. Le résultat est un projet qui se veut équilibré, malgré des coupes dans plusieurs secteurs.
En dehors des dépenses de Défense, qui bénéficieront d’une augmentation notable, les autres ministères devront se contenter d’une progression limitée. Au total, les crédits pour les ministères, hors Défense, n’augmenteront que de 1,5 milliard d’euros, ce qui représente une hausse très inférieure à l’inflation attendue. Les secteurs de l’écologie, de l’enseignement scolaire et de la recherche, entre autres, bénéficieront de modestes augmentations, tandis que des réductions sont attendues pour le secteur du Travail, qui perdra 2,8 milliards d’euros.
Le gouvernement a également prévu que les dépenses de la Sécurité sociale augmentent plus rapidement que l’inflation, avec une hausse de 17 milliards d’euros, atteignant un total de 838,3 milliards d’euros. En parallèle, il appelle les collectivités territoriales à limiter leurs dépenses de fonctionnement en 2027, dans un contexte de pression budgétaire accrue.
David Amiel a qualifié ce projet de budget de « point de départ » pour un dialogue à venir avec les différents acteurs concernés. Il a précisé que le gouvernement entendait déposer le projet de loi de finances le 30 septembre, un retour à une pratique plus habituelle après des mois de préparation. Cependant, les critiques ne se sont pas fait attendre.
Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT, a exprimé ses réserves sur ce budget, indiquant qu’il s’agissait avant tout de mesures d’économies, sans véritable anticipation des besoins futurs. De son côté, Patricia Drevon, secrétaire confédérale de FO, a dénoncé ce qu’elle considère comme un « mauvais coup » pour les services publics.
Cette année, pour la première fois, le ministère de l’Économie a demandé à quatre économistes de faire une analyse approfondie et transparente des comptes publics. Leur rapport, publié récemment, a signalé que le déficit public pourrait atteindre 6,8 % du PIB d’ici 2030 si la politique économique demeure inchangée. Ils recommandent un effort budgétaire de 126 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat, avec des hausses d’impôts possibles pour réduire le déficit.
Eric Coquerel, président de la Commission des Finances, a souligné que le gouvernement semble réticent à toucher aux recettes fiscales, notamment en ce qui concerne les exonérations accordées aux plus riches. Il a également noté que, compte tenu de l’inflation, les crédits prévus pour 2027 seraient en réalité en baisse et non en hausse comme annoncé par le gouvernement.
Ce budget de 2027 soulève ainsi des interrogations sur la capacité du gouvernement à gérer les finances publiques tout en répondant aux besoins croissants des citoyens. Les prochaines étapes du débat budgétaire s’annoncent cruciales pour l’avenir économique du pays.