Le projet de budget 2027, prévu pour être examiné à partir de ce mercredi à l’Assemblée nationale, prévoit plusieurs ajustements qui toucheront directement le portefeuille des ménages. Les retraités, les familles bénéficiaires d’allocations, ainsi que les travailleurs modestes seront particulièrement concernés par ces changements si le texte est finalement adopté par le Parlement.
EN BREF
- Les pensions de retraite ne seront pas entièrement revalorisées en janvier 2027.
- Les allocations familiales et l’APL subiront un gel, impactant les foyers.
- Les minima sociaux seront revalorisés à l’inflation en avril prochain.
Les retraités seront mis à contribution, avec une réduction estimée à 5,5 milliards d’euros sur le budget. Contrairement à la norme habituelle, toutes les pensions de base ne seront pas revalorisées en janvier en fonction de l’inflation. Seul un tiers des retraités, percevant 85 % du Smic ou moins (soit 1 260 euros toutes allocations comprises), bénéficieront d’une revalorisation intégrale. Pour les autres, le Parlement devra déterminer qui pourra bénéficier d’une augmentation, bien que celle-ci soit inférieure à l’inflation.
En parallèle, une désindexation des pensions de retraite est envisagée, accompagnée d’une réduction du plafond de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités. Ce plafond passera de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal, ce qui représente une diminution significative de l’avantage fiscal dont ils jouissent actuellement.
Impact sur les allocations et aides financières
Le projet de budget pour la Sécurité sociale inclut également un gel des allocations familiales pour 2027. De plus, une révision des modalités de l’allocation de rentrée scolaire est prévue, avec des concertations à venir afin de définir les nouveaux paramètres de cette aide, versée chaque année à plus de 2 millions de familles.
La prime d’activité, destinée aux travailleurs modestes, serait également gelée si le gouvernement parvient à faire adopter le texte en l’état. De plus, le calcul de cette prime serait modifié, intégrant les sommes versées par l’employeur pour financer la mutuelle du salarié, ce qui pourrait réduire le montant versé à certains bénéficiaires.
Concernant les aides personnelles au logement (APL), le budget sera stabilisé à son niveau de 2026, sans revalorisation l’année prochaine pour les 2,7 millions de bénéficiaires actuels.
Mesures fiscales et impact sur les indemnités
Le projet de loi de finances protège en revanche les minima sociaux, tels que le RSA, le minimum vieillesse et l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui seront revalorisés en avril prochain en fonction de l’inflation. Cependant, les indemnités perçues au titre des affections de longue durée (ALD) seront soumises à l’impôt sur le revenu à hauteur de 50 % de leur montant, alors qu’elles en sont actuellement exonérées.
Les indemnités journalières versées aux victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, exonérées d’impôt à hauteur de 50 %, seraient intégralement fiscalisées en 2027. Le projet de loi de finances prévoit également une révision du régime fiscal des indemnités versées lors de la rupture d’un contrat de travail, avec un plafond unique d’exonération d’impôt correspondant au plafond annuel de la sécurité sociale, soit 48 060 euros en 2026.
Cette mesure toucherait le 5 % des salariés qui perçoivent les indemnités les plus élevées. Par exemple, pour 100 000 euros d’indemnités de départ, la personne concernée devra acquitter 5 000 euros d’impôt.
Les modifications apportées par le budget 2027 suscitent d’ores et déjà des inquiétudes parmi les ménages français, qui devront s’adapter à ces nouvelles réalités économiques. Ce projet de loi, s’il est adopté, pourrait donc avoir des conséquences significatives sur le quotidien des citoyens, en particulier pour les plus vulnérables.