Le gouvernement français, à travers la voix du Premier ministre Sébastien Lecornu, a récemment annoncé un budget de 1,5 milliard d’euros pour 2027 afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Cette déclaration, faite dans une tribune publiée dans Le Monde, suscite déjà des réactions mitigées, notamment de la part d’Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, qui estime que ces mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux actuels.
EN BREF
- Sébastien Lecornu promet 1,5 milliard d’euros pour 2027, montant identique à 2026.
- Anne-Cécile Mailfert critique cette annonce, qualifiant le budget de « poudre de perlimpinpin ».
- La loi contre les violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée nécessite davantage de moyens financiers.
Dans sa tribune, Sébastien Lecornu insiste sur la nécessité de ce budget face aux « difficultés financières » actuelles. Il évoque une « trajectoire pluriannuelle » qui devrait permettre de maintenir ce financement, tout en ajoutant des investissements supplémentaires pour la protection de l’enfance. Néanmoins, cette promesse de 1,5 milliard d’euros, identique à celle de l’année précédente, laisse de nombreux acteurs de la société civile sceptiques quant à son efficacité réelle.
Anne-Cécile Mailfert, qui dirige la Fondation des femmes, a réagi fermement à cette annonce. Elle souligne que sans « moyens supplémentaires », la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, dont l’examen à l’Assemblée nationale est prévu début octobre, risque de n’apporter aucune solution concrète. Selon elle, il est impératif que le gouvernement alloue davantage de ressources pour lutter efficacement contre ces violences.
La présidente de la Fondation des femmes rappelle que des crimes graves continuent de se produire et que pour véritablement les réduire, il est essentiel d’améliorer la réponse judiciaire et d’assurer une prise en charge adéquate des victimes ainsi que des auteurs. « Nous avons augmenté le budget de la Défense face à la menace extérieure, mais c’est une guerre sourde intérieure qui se déroule dans les maisons », déclare-t-elle, soulignant l’urgence d’une action gouvernementale plus robuste.
Environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Ce chiffre alarmant met en lumière la gravité de la situation et la nécessité d’un engagement financier plus fort de l’État. De plus, des études révèlent qu’une femme sur dix a déjà subi un viol, tandis que 43 % ont été confrontées à des gestes sexuels non consentis, dont la moitié avant leur majorité.
Le gouvernement souhaite sanctuariser le budget de 2026, mais la mise en œuvre de ces promesses dépendra du vote des budgets de l’État et de la Sécurité sociale. En parallèle, des renforcements ciblés sont prévus, incluant 40 millions d’euros pour des investissements numériques et des créations d’emplois supplémentaires dans le secteur de la justice.
Ces annonces, bien que prometteuses sur le papier, doivent encore se traduire par des actions concrètes sur le terrain. La question demeure : ces efforts seront-ils suffisants pour changer la donne face à un fléau aussi prévalent que les violences sexistes et sexuelles en France ? La réponse se fera sans doute attendre, mais l’engagement et la détermination de toutes les parties prenantes seront cruciaux.