Le Burundi, déjà marqué par une crise économique profonde, a été frappé par une tragédie ce mardi soir. Un incendie survenu dans un dépôt de munitions à Bujumbura a provoqué des explosions dévastatrices, faisant treize victimes parmi les civils, selon le bilan officiel communiqué par l’armée burundaise. Les autorités évoquent également des dizaines de blessés, laissant planer l’ombre d’un bilan humain plus lourd.
EN BREF
- Treize civils ont été tués lors des explosions à Bujumbura.
- Des dizaines de blessés sont à déplorer, avec un bilan incertain.
- L’incendie serait dû à un accident électrique selon les autorités.
Le général Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée, a déclaré lors d’une conférence de presse que l’incendie avait causé des dégâts matériels considérables. Outre les pertes humaines, au moins 54 personnes ont été blessées, dont trois militaires. Des maisons, des véhicules ainsi que des installations militaires ont été endommagés dans le quartier densément peuplé de Musaga, où se trouve le principal arsenal du pays.
Les explosions, qui ont retenti dans plusieurs quartiers de la ville, ont semé la panique parmi les habitants. Des témoignages rapportent que des projectiles ont été projetés à plusieurs kilomètres du site de l’incendie, provoquant des blessures et des dégâts au sein de la population. Un responsable pénitentiaire a également évoqué la mort de huit détenus, victimes de ces explosions.
Les autorités militaires burundaises ont rapidement attribué l’incendie à un accident électrique, bien que des doutes subsistent quant à la transparence de cette communication. Un haut gradé de l’armée, sous couvert d’anonymat, a fait état de pertes humaines bien plus importantes, affirmant que le véritable nombre de victimes pourrait se chiffrer à des dizaines, voire des centaines. Cette réticence à communiquer sur le nombre de décès, notamment parmi les militaires, est un phénomène souvent observé dans le pays.
Au-delà des pertes humaines, la situation du Burundi demeure critique. Classé parmi les pays les plus pauvres au monde en termes de PIB par habitant, le pays fait face à une crise économique sévère, exacerbée par une pénurie de carburant qui touche de nombreux secteurs. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye, ancien militaire, en juin 2020, le Burundi semble osciller entre un semblant d’ouverture et un contrôle strict du pouvoir, avec des atteintes aux droits humains régulièrement dénoncées.
Spageon Ngabo, directeur de la plateforme Yaga Burundi, a souligné que plusieurs décès avaient été rapportés par des citoyens, indiquant une situation encore floue et chaotique. Dans un tweet, le président Ndayishimiye a exprimé sa sympathie envers les victimes sans préciser de chiffres.
Les autorités ont appelé les citoyens à signaler toute munition non explosée et à ne pas la toucher, dans un contexte où de nombreux enfants se sont retrouvés séparés de leurs parents suite à l’explosion. Des photos de ces enfants, souvent égarés dans la panique, circulent sur les réseaux sociaux, témoignant de la détresse des familles touchées par cette tragédie.
Alors que le pays tente de panser ses blessures, la question de la gestion de la sécurité et de la transparence des informations demeure au cœur des préoccupations. Les événements tragiques survenus à Bujumbura rappellent la nécessité d’une vigilance accrue en matière de sécurité, ainsi que d’une communication claire et transparente sur les incidents ayant des conséquences aussi dévastatrices.