À l’approche des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre prochain, la présence de l’image de Jeffrey Epstein dans les publicités électorales américaines soulève des interrogations. Bien qu’il soit décédé depuis sept ans, son nom et son histoire continuent d’être utilisés comme levier dans la lutte politique. Une analyse récente de CNN met en lumière l’ampleur de ce phénomène, révélant que plus de 160 publicités associées à Epstein ont été diffusées, pour un budget dépassant les 35 millions de dollars.
EN BREF
- Plus de 160 publicités liées à Epstein diffusées pour les midterms.
- 90 % des annonces proviennent des candidats démocrates.
- Des accusations trompeuses révèlent des stratégies de campagne agressives.
Ce retour en force de l’affaire Epstein dans le débat public ne peut être dissocié de la publication récente de documents controversés, connus sous le nom de « documents Epstein ». Ces révélations, largement commentées tant aux États-Unis qu’à l’international, ont relancé l’intérêt médiatique et politique pour cette affaire.
Dans cette campagne, les démocrates semblent particulièrement enclins à exploiter l’image d’Epstein. Effectivement, 90 % des publicités diffusées à ce jour sont le fait de candidats démocrates, qui les utilisent principalement dans le cadre des élections sénatoriales, où les enjeux sont particulièrement serrés. À titre de comparaison, lors de l’élection présidentielle de 2024, seules trois annonces avaient été faites en lien avec Epstein, toutes en Floride.
Les publicités se caractérisent souvent par des allégations trompeuses, visant à discréditer les adversaires. Par exemple, des critiques sont régulièrement formulées sur le manque de soutien à la publication des documents Epstein. En janvier dernier, le ministère américain de la Justice a rendu public un total de 3,5 millions de pages de documents, dans le cadre d’une bataille politique principalement menée par les démocrates.
Parmi les États les plus actifs dans la diffusion de ces publicités, la Géorgie, le Texas et l’Ohio se distinguent. En Géorgie, la campagne du sénateur démocrate Jon Ossoff a à elle seule investi dix millions de dollars dans des publicités associées à Epstein. Ossoff a notamment attaqué son rival républicain, Mike Collins, le qualifiant de proche de Donald Trump, ayant voté contre la publication des dossiers Epstein.
Une des publicités de Jon Ossoff présente un ancien marshal qui accuse Collins d’avoir voté pour étouffer l’affaire Epstein, en dépit du fait que Collins, comme la majorité des républicains, avait voté contre une motion visant à déclassifier les documents en juillet 2025, mais a changé d’avis par la suite.
Au Texas, le candidat démocrate James Talarico a dépensé près de 5 millions de dollars pour mettre en lumière un accord controversé du procureur général républicain Ken Paxton avec un délinquant sexuel présumé. Les publicités relient cet accord à Epstein, qualifiant Paxton de « protecteur de pédophiles ».
Les attaques ne se limitent pas à ces exemples. En Alaska, le sénateur républicain Dan Sullivan est également dans le viseur des démocrates. Une publicité l’accuse d’avoir reçu des fonds d’associés d’Epstein et d’avoir voté pour garder les dossiers confidentiels, malgré des allégations de violences sur mineures.
Une étude menée par le Senate Majority PAC, un comité d’action politique influent chez les démocrates, suggère que les publicités faisant référence à Epstein pourraient influencer les résultats des élections, en apportant un avantage de trois à six points aux candidats démocrates.
En somme, l’affaire Epstein, bien que vieille de plusieurs années, continue d’avoir un impact significatif sur le paysage politique américain, révélant la manière dont les campagnes peuvent manipuler des événements passés pour servir un agenda politique. À quelques semaines des midterms, les stratégies déployées par les candidats promettent d’être encore plus incisives et controversées.