Depuis plus d’une semaine, le système de santé français est mis à rude épreuve, particulièrement au CHU de Rennes, en raison d’une vague de chaleur intense. Les hôpitaux font face à un afflux massif de patients souffrant de déshydratation, de malaises et d’hyperthermie, des symptômes qui pourraient se manifester plusieurs jours après les épisodes caniculaires. Le gouvernement, conscient de l’urgence, a activé jeudi le niveau 3 du plan Orsan, le plus élevé de mobilisation sanitaire.
EN BREF
- Le CHU de Rennes enregistre un record de 2.908 appels au Samu en une journée
- Le plan blanc a été déclenché pour faire face à l’afflux de patients
- Les équipes médicales s’adaptent aux températures extrêmes dans les services
La situation au CHU de Rennes est alarmante. Le professeur Matthieu Revest, directeur médical de crise, a déclaré que la journée du 25 juin a battu tous les records : « Nous avons reçu plus d’appels que pendant la crise du Covid. » Cela reflète une pression croissante sur les urgences, où le nombre de passages a augmenté de près de 20 %. Les hospitalisations, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans, sont également en forte hausse.
En temps normal, environ 25 % des patients âgés qui se rendent aux urgences sont hospitalisés. Actuellement, ce chiffre a grimpé à près de 65 %, ce qui inquiète les professionnels de santé. Les lits viennent à manquer alors que les patients souffrant de la chaleur nécessitent souvent des séjours prolongés en raison des effets durables de la canicule sur leur santé.
Pour gérer cette situation critique, le CHU de Rennes mobilise toutes ses ressources. Si la crise s’aggrave, des renforts pourraient être déployés et certaines opérations pourraient être déprogrammées. Le professeur Revest a toutefois précisé qu’il n’était pas encore nécessaire d’en arriver là.
Les équipes soignantes, déjà sous pression, doivent également composer avec des conditions de travail difficiles. Les températures dans certains services peuvent atteindre 35 à 36 °C, rendant le travail encore plus éprouvant. Bien que le CHU ne soit pas entièrement climatisé, des mesures temporaires ont été mises en place, telles que l’utilisation de ventilateurs et de brumisateurs. Cependant, ces solutions restent insuffisantes face à une chaleur persistante.
Pour faire face à cette fournaise, le personnel médical fait preuve d’ingéniosité. Des couvertures de survie ont été utilisées pour isoler les fenêtres, une méthode efficace malgré son interdiction pour des raisons de sécurité. Les soignants ont également reçu l’instruction d’ouvrir les fenêtres des chambres pour permettre une meilleure circulation de l’air. L’apport d’aide par les familles des patients est également encouragé, car chaque geste peut contribuer à améliorer le confort en cette période difficile.
Alors que le week-end approche, Matthieu Revest anticipe une poursuite de la tension dans les services. Bien que la situation soit préoccupante, il reste optimiste et espère que la mobilisation des équipes permettra de surmonter cette crise. « Nous devons nous adapter et rester vigilants, car les prochains jours s’annoncent encore compliqués », conclut-il.