Bien que la canicule de juin soit dĂ©sormais derriĂšre nous, de nombreux Français continuent de ressentir une chaleur Ă©touffante dans leurs habitations. Ce phĂ©nomĂšne, qui pourrait sembler paradoxal aprĂšs une chute des tempĂ©ratures, s’explique par l’inertie thermique des bĂątiments. Un nouveau dĂŽme de chaleur est prĂ©vu pour dĂ©but juillet, aggravant encore la situation.
EN BREF
- Les tempĂ©ratures intĂ©rieures restent Ă©levĂ©es Ă cause de l’inertie thermique.
- Un nouveau dÎme de chaleur est attendu début juillet en France.
- Les matériaux des bùtiments restituent la chaleur accumulée, rendant le confort précaire.
La semaine derniĂšre, un dĂŽme de chaleur a entraĂźnĂ© une canicule marquĂ©e par des tempĂ©ratures dĂ©passant les 40 °C en plein jour, tandis que les nuits ne descendaient pas en dessous de 30 °C. Ce phĂ©nomĂšne a laissĂ© de nombreux Français dans une situation inconfortable. MĂȘme si les tempĂ©ratures ont lĂ©gĂšrement baissĂ©, la chaleur persiste Ă l’intĂ©rieur des maisons et des appartements.
L’inertie thermique est Ă l’origine de cette situation. Ce phĂ©nomĂšne physique dĂ©signe la capacitĂ© des matĂ©riaux de construction Ă emmagasiner la chaleur. Pour illustrer ce concept, on peut comparer ces matĂ©riaux Ă une Ă©ponge qui absorbe de l’eau. Selon le Centre dâĂ©tudes et dâexpertise sur les risques, lâenvironnement, la mobilitĂ© et lâamĂ©nagement (Cerema), les bĂątiments, grĂące Ă leur isolation et leur capacitĂ© de stockage thermique, conservent la chaleur accumulĂ©e pendant la journĂ©e.
Le Cerema prĂ©cise que lâinertie thermique a un double effet : elle amortit les variations de tempĂ©rature intĂ©rieure et dĂ©phase ces variations. Cela signifie que la chaleur emmagasinĂ©e est restituĂ©e Ă lâair intĂ©rieur de maniĂšre dĂ©calĂ©e, ce qui peut prolonger la sensation de chaleur dans les logements.
Avec les tempĂ©ratures Ă©levĂ©es des nuits passĂ©es, la chaleur accumulĂ©e ne s’est pas Ă©vacuĂ©e comme il se devrait. Les bĂątiments n’ont pas eu suffisamment de pĂ©riodes fraĂźches pour se refroidir. LâAgence de l’environnement et de la maĂźtrise de l’Ă©nergie (Ademe) souligne que le confort intĂ©rieur dĂ©pend fortement de l’aĂ©ration nocturne pour Ă©vacuer cette chaleur. Sans cette aĂ©ration, l’effet « bouteille thermos » s’installe, dĂ©gradant le confort thermique.
Les murs, les planchers et les toitures des maisons continuent de libĂ©rer leur chaleur, maintenant ainsi une tempĂ©rature intĂ©rieure supĂ©rieure Ă celle de l’extĂ©rieur. Ce phĂ©nomĂšne pourrait toucher de nouveau des millions de personnes alors qu’un nouveau dĂŽme de chaleur s’annonce pour les jours Ă venir. Les prĂ©visions laissent prĂ©sager une nouvelle canicule, ce qui pourrait aggraver la situation pour ceux qui souffrent dĂ©jĂ de la chaleur persistante dans leurs logements.
Cette situation soulĂšve des questions sur la maniĂšre dont les logements sont conçus pour faire face aux vagues de chaleur de plus en plus frĂ©quentes. Il devient essentiel de repenser l’isolation et d’intĂ©grer des solutions pour amĂ©liorer le confort d’Ă©tĂ©, notamment en tenant compte de l’importance de l’aĂ©ration nocturne.