Carburants : Sophie Binet appelle à un blocage des prix face à la crise énergétique

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exprimé son indignation concernant les mesures gouvernementales annoncées pour faire face à l’augmentation des prix des carburants. Dans une intervention sur franceinfo, elle a qualifié ces réponses de « mesurettes » et a plaidé pour un blocage des prix de l’énergie.

EN BREF

  • Sophie Binet critique les aides gouvernementales de 70 millions d’euros pour le secteur énergétique.
  • Elle réclame un blocage des prix des carburants et une concertation avec les syndicats.
  • Les bénéfices des pétroliers en hausse soulèvent des inquiétudes sur la flambée des prix.

Dans un contexte où le baril de Brent a récemment dépassé les 110 dollars, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé des aides destinées aux pêcheurs, agriculteurs et transporteurs routiers. Ces mesures, évaluées à 70 millions d’euros, sont jugées insuffisantes par Sophie Binet. Elle a souligné que la situation actuelle est comparable à celle du choc pétrolier de 1973, qui avait conduit à une crise économique majeure.

La dirigeante syndicale a insisté sur le fait que le gouvernement semble privilégier le soutien aux entreprises au détriment des travailleurs. « On n’entend pas parler des aides à domicile, des infirmières, de tous les salariés qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller travailler », a-t-elle déploré. Pour elle, il est primordial de garantir une aide plus large qui englobe l’ensemble des travailleurs.

Sophie Binet a également suggéré que le blocage des prix ne devrait pas se limiter aux prix de vente aux consommateurs. « Il faut également plafonner le prix de vente en gros des pétroliers vers les distributeurs », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que les marges des pétroliers sont au cœur du problème actuel, citant les 15 milliards d’euros de bénéfices réalisés par Total en 2025 comme un exemple frappant.

Elle a également rappelé que le blocage des prix n’est pas une mesure nouvelle. « Cela a existé en France jusqu’en 1983 », a-t-elle précisé, soulignant que cette action pourrait stabiliser les prix sans coût pour l’État. Par ailleurs, le gouvernement a mentionné des mesures de chômage partiel pour les entreprises touchées par la hausse des coûts de l’énergie, une réponse que Binet considère comme inadaptée, affirmant que ces solutions ne suffisent pas à répondre à la crise actuelle.

Face à cette crise énergétique, il est essentiel de trouver des solutions durables et justes pour tous les acteurs concernés, notamment les salariés qui subissent de plein fouet l’impact de la flambée des prix. Sophie Binet appelle à un véritable dialogue entre le gouvernement, les syndicats et les entreprises pour aborder cette problématique de manière efficace.