Carine Roitfeld, icône de la mode et ancienne directrice de Vogue, se dévoile avec une sincérité touchante dans une interview accordée à Gala, parue ce jeudi 1er octobre. À 72 ans, elle partage son parcours, ses choix audacieux et une transformation personnelle qui lui a permis de retrouver une liberté précieuse.
EN BREF
- Carine Roitfeld évoque sa séparation à 60 ans comme un tournant salvateur.
- Elle revendique une approche libérée de l’âge et de la mode, sans complexes.
- La styliste continue d’évoluer dans un monde numérique, tout en préservant son humour.
Dans son appartement au style minimaliste, Carine Roitfeld reçoit Gala, vêtue d’une jupe midi Balenciaga et de slingbacks Manolo Blahnik. À la fois stylée et authentique, elle incarne une vision de la mode où l’audace et la liberté sont primordiales. Née à Paris en 1954, elle débute sa carrière de mannequin à l’âge de 18 ans avant de s’impliquer dans le stylisme et le journalisme au sein d’ELLE. Sa rencontre avec le photographe Mario Testino et son travail avec Tom Ford chez Gucci et Yves Saint Laurent l’établissent comme une muse et une directrice artistique influente.
En 2001, elle prend les rênes de Vogue Paris, où elle impose une esthétique audacieuse et sulfureuse, notamment à travers le mouvement du « porno chic », devenu emblématique. Après son départ en 2011, elle lance CR Fashion Book à New York, tout en continuant de collaborer avec les plus grandes marques de l’industrie. Cependant, c’est sa transformation personnelle qui retient l’attention. À 60 ans, Carine décide de rompre avec son passé et de se libérer des contraintes de sa vie personnelle.
« Je m’adapte, et surtout, je fais ce que je veux. À 60 ans, je me suis mise à fumer et j’ai choisi de tout changer dans ma vie privée. Du jour au lendemain, je me suis séparée de mon conjoint. Je suis partie sans même une fourchette. C’est une chose que j’aurais dû faire bien avant. Ça m’a sauvé la vie », confie-t-elle avec une franchise déconcertante. Cette rupture lui a permis de redéfinir ses priorités et de vivre selon ses désirs.
Sa vision de la liberté s’étend également à son rapport à son corps. Carine a cessé d’être critique envers elle-même. Elle a modifié son environnement, en ajoutant des lumières tamisées dans sa salle de bains, et s’autorise à porter ce qui lui plaît, sans se préoccuper des normes esthétiques. « Aujourd’hui, je peux allumer une cigarette dans mon appartement ou manger indien le soir dans mon lit. Je suis libre », affirme-t-elle.
À 68 ans, elle se fait tatouer les mains, défiant les conventions. Elle aborde même la question de sa mort avec humour, proposant à ses proches de choisir des objets chez elle, qu’ils récupéreront après ses funérailles. « J’ai tout organisé d’avance. C’est ça vieillir ! », déclare-t-elle, avec une pointe de malice.
Carine Roitfeld, avec près de deux millions d’abonnés sur Instagram, adapte son image à l’ère numérique sans perdre son essence. Elle considère les réseaux sociaux comme un outil professionnel, refusant de les réduire à une simple vitrine commerciale. Son humour et son sens du décalage s’y expriment pleinement. « Je crois que, quels que soient les époques et les moyens, il faut surtout savoir rester amusant », conclut-elle, résumant ainsi sa philosophie de vie.
À 72 ans, Carine Roitfeld continue d’incarner une figure emblématique de la mode, défiant les stéréotypes liés à l’âge. Sa capacité à évoluer et à affirmer ses choix personnels en fait une source d’inspiration pour beaucoup, prouvant que la liberté et l’audace n’ont pas d’âge.