Catherine Pégard a été nommée ministre de la Culture ce jeudi 26 février, succédant ainsi à Rachida Dati, qui se retire pour se concentrer sur les prochaines élections municipales à Paris. Cette nomination marque le retour en première ligne d’une figure influente, reconnue pour ses nombreuses années au cœur des arcanes du pouvoir.
EN BREF
- Catherine Pégard, nouvelle ministre de la Culture, remplace Rachida Dati.
- Sa proximité avec Carla Bruni a soulevé des questions éthiques durant son mandat à l’Élysée.
- Elle est une figure aguerrie, ayant traversé diverses tempêtes politiques au cours de sa carrière.
Âgée de 71 ans, Catherine Pégard a été désignée par Sébastien Lecornu. Sa carrière couvre près de cinquante ans dans le domaine politique et médiatique, où elle a su se faire un nom en tant que journaliste, mais également comme conseillère à l’Élysée sous Nicolas Sarkozy. Ce parcours atypique a souvent été scruté avec attention, notamment ses relations avec les puissants du pays.
Longtemps journaliste au Quotidien de Paris puis au Point, elle s’est distinguée par son esprit critique et son carnet d’adresses bien rempli. En 2007, elle fait un choix audacieux en rejoignant Nicolas Sarkozy à l’Élysée, ce qui suscite des réactions mitigées parmi ses collègues. Elle a expliqué dans un entretien accordé au Magazine du Monde en janvier 2026 qu’elle souhaitait « voir les puissants de près » pour mieux comprendre le fonctionnement du pouvoir. Pourtant, cette décision n’a pas été sans conséquences.
Au fur et à mesure que sa relation avec Cécilia Sarkozy évolue, Catherine Pégard se retrouve au cœur de nombreuses rumeurs et critiques. Lorsque Carla Bruni devient Première dame en 2008, son influence diminue. Les tensions au sein de l’Élysée s’intensifient, et son bureau, qui était initialement proche de celui du président, est déplacé. Un ancien membre du cabinet a même avoué qu’elle « exaspérait » Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat. Cette amitié avec l’ex-Première dame serait-elle responsable de son éloignement du pouvoir ? Les avis divergent sur la question.
En dépit des difficultés, Nicolas Sarkozy lui confie en 2011 la présidence de l’Établissement public du château de Versailles. Cette nomination est accueillie par une salve de critiques. Des voix s’élèvent dans la presse, soulignant qu’un tel poste exige une expertise spécifique et ne devrait pas être attribué sur la base de relations personnelles. Catherine Pégard fait le choix de la discrétion, maintenant les équipes en place et procédant à des ajustements prudents, notamment en réduisant le poids de l’art contemporain dans le domaine.
Elle occupe ce poste jusqu’en 2024, avant de revenir à l’Élysée en tant que conseillère culturelle du président, un rôle qu’elle a précédemment occupé avant que Rima Abdul Malak ne prenne la tête du ministère de la Culture en 2022. Bien que pressentie pour prendre le ministère à l’époque de Roselyne Bachelot, elle avait alors été écartée, mais la démission de Rachida Dati lui a ouvert de nouvelles portes.
La nomination de Catherine Pégard au ministère de la Culture est perçue comme un retour d’une femme d’influence, capable de naviguer dans les tumultes médiatiques et les jeux de pouvoir. Sa loyauté et son expérience en font une figure respectée, mais son passé et ses relations étroites avec certains acteurs politiques laissent planer des interrogations sur son avenir au sein de l’administration.
Quoi qu’il en soit, Catherine Pégard est désormais à la tête d’un ministère clé, où elle devra jongler entre les attentes de la culture française et les défis politiques qui l’accompagnent.