Catherine Trautmann réélue, elle cumule présidence de la métropole et mairie de Strasbourg

Après un retour remarqué à la tête de la mairie de Strasbourg, Catherine Trautmann a été élue sans surprise présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, vendredi 10 avril 2026. Ce cumul de fonctions, abandonné depuis 25 ans, suscite néanmoins des critiques de l’opposition.

EN BREF

  • Catherine Trautmann, élue présidente de l’Eurométropole, cumule avec son rôle de maire.
  • Elle a obtenu 80 voix sur 107 lors de l’élection, avec une alliance inédite avec des élus de droite.
  • Des critiques émergent sur la concentration du pouvoir, mais Trautmann prône la collégialité.

À 75 ans, l’ancienne ministre de la Culture a su mobiliser les élus autour de sa candidature, se présentant comme la seule candidate en lice. Avec 80 voix sur les 107 conseillers de l’Eurométropole, elle a su s’imposer malgré la présence de 27 votes blancs. Ce résultat marque un tournant après des années où la mairie de Strasbourg et la présidence de la métropole étaient occupées par des personnes distinctes, mais alliées.

Ce changement de cap a suscité des réactions mitigées, notamment de la part de Jeanne Barseghian, la maire écologiste sortante. Celle-ci a dénoncé une « concentration du pouvoir » et un « retour en arrière », tandis que l’élu insoumis Florian Kobryn a évoqué une « personnalisation à outrance » de la fonction. Face à ces critiques, Catherine Trautmann a rétorqué, affirmant vouloir renforcer la cohésion et faire vivre la collégialité entre les maires.

Un rôle stratégique

La présidence de l’Eurométropole de Strasbourg revêt une importance capitale. Composée de 33 communes, elle dispose d’un budget de 1,33 milliard d’euros, plus du double de celui de la ville elle-même, qui représente 56 % de la population de l’Eurométropole. Ce budget englobe des compétences clés telles que les transports, les déchets, l’économie et l’énergie, des secteurs cruciaux pour le développement local.

Avant l’élection, Catherine Trautmann avait annoncé une alliance stratégique avec deux élus Les Républicains, Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, qui ont été désignés vice-présidents. Cette alliance « transpartisane » vise à associer chaque commune aux décisions et à favoriser une approche collaborative, malgré les divergences politiques.

Une campagne marquée par des tensions

La campagne de Catherine Trautmann a été marquée par des tensions, notamment avec Jeanne Barseghian. Lors de l’élection municipale de mars, elle a obtenu 37 % des voix, après une campagne parfois houleuse, où des ralliements inattendus ont eu lieu. Trautmann, bien que socialiste, a su se positionner au-dessus des partis, mettant en avant son expérience et son nom pour séduire les électeurs.

Sa détermination à s’allier avec des personnalités politiques de droite a suscité des critiques au sein même de son parti, certains accusant Trautmann de trahison. En réponse, elle a affirmé que son objectif était de créer une alliance avec les Strasbourgeois et de restaurer la confiance dans les institutions.

Lors de son discours devant le conseil métropolitain, elle a insisté sur l’importance de reconstruire une métropole solide et d’écouter toutes les communes, rappelant que le conseil devait travailler à l’unisson pour le bien de l’ensemble de la population.

Ce retour de Catherine Trautmann à la présidence de l’Eurométropole pourrait marquer une nouvelle ère pour Strasbourg, un défi qu’elle semble prête à relever, malgré les critiques qui l’entourent.