Les ex-détenus français Cécile Kohler et Jacques Paris, fraîchement rentrés à Paris après une détention de plus de trois ans en Iran, ont exprimé leur soulagement et leur colère face aux « conditions inhumaines » de leur emprisonnement. Lors d’une conférence de presse dans le jardin de l’Elysée, Cécile Kohler a fait part de sa « reconnaissance » envers toutes celles et ceux qui ont soutenu leur cause, notamment le président Emmanuel Macron.
EN BREF
- Cécile Kohler et Jacques Paris dénoncent des conditions de détention « inhumaines » en Iran.
- Libérés après trois ans et demi, ils ont remercié leurs soutiens et le président Macron.
- Leur emprisonnement soulève des questions sur la diplomatie française face à Téhéran.
Arrêtés en mai 2022 et accusés d’espionnage, Kohler et Paris ont été libérés début novembre 2025 après un long combat diplomatique. Dans le cadre d’une mission de soutien, ils ont été assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran avant de pouvoir quitter le pays. « Nous étions des otages d’État, soumis à un arbitraire permanent », a déclaré Jacques Paris, âgé de 72 ans, en évoquant les conditions de détention à la tristement célèbre prison d’Evine, connue pour son traitement sévère des prisonniers.
Les deux Français se sont retrouvés dans des circonstances extrêmement difficiles, souvent sans accès à des avocats de leur choix, et avec des contacts limités avec leurs familles. « Nous étions sous menace permanente. Nous n’avions pas le droit de lire ni d’écrire », a précisé Paris. Cécile Kohler, 41 ans, a insisté sur le fait qu’ils ont gardé espoir durant leur détention, un espoir qui leur a permis de résister aux épreuves qu’ils ont traversées.
Leur retour en France a été accueilli avec une immense joie. Le président Emmanuel Macron s’est dit « extrêmement heureux » de leur libération et a remercié les autorités omanaises pour leurs efforts de médiation. Kohler a déclaré qu’ils mesuraient la chance d’avoir échappé à une situation qui aurait pu être bien pire, alors même qu’elle avait été condamnée à 20 ans de prison, et Paris à 17 ans pour des accusations d’espionnage, crimes passibles de la peine de mort.
Leur détention s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la France et l’Iran, où les arrestations de ressortissants occidentaux sont courantes. Ces détentions sont souvent perçues comme des manœuvres de négociation pour obtenir la libération de prisonniers iraniens à l’étranger. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que les discussions entourant leur libération étaient sensibles et de nature confidentielle, sans qu’il y ait eu d’échange explicite de prisonniers.
Cécile Kohler, professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant à la retraite, ont été arrêtés lors d’un voyage en Iran, à la fin d’un séjour touristique. Leurs familles et le ministère des Affaires étrangères ont travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un climat de tensions exacerbées par les événements récents en Iran. Le retour des deux Français est un soulagement pour leurs proches et un succès pour la diplomatie française face à un régime connu pour son hostilité à l’égard des étrangers.
Leur histoire a mis en lumière les défis auxquels font face les ressortissants français en Iran et rappelle l’importance de la vigilance diplomatique dans les relations internationales. Alors que la crise des « otages d’État » semble s’apaiser, le gouvernement français continue de surveiller de près la situation des citoyens français à l’étranger.