La 51e cérémonie des César, qui s’est tenue le 26 février 2026 à l’Olympia, a une nouvelle fois mêlé glamour et piques bien senties. Animée par Benjamin Lavernhe, l’événement a été diffusé en direct sur Canal+. Connu pour son humour élégant et parfois mordant, le comédien n’a pas hésité à bousculer la salle avec des références audacieuses.
EN BREF
- Benjamin Lavernhe évoque le dossier Epstein, provoquant rires et malaise.
- Jim Carrey reçoit un César d’honneur, salué pour sa carrière.
- Des discours engagés abordent des sujets sensibles comme la situation en Iran.
Cette édition 2026 des César s’est inscrite dans un contexte d’actualité lourde. Alors que l’humoriste a osé aborder le scandale Epstein, la salle a réagi avec un mélange de rires et de malaise. Benjamin Lavernhe, en prenant la parole, a d’abord suscité l’attention en annonçant, de manière faussement solennelle : « Les nommés dans le dossier Epstein sont… ». Un silence s’est installé aussitôt, avant que l’animateur ne rajoute : « Vous êtes beaucoup trop nombreux ici, on n’a pas le temps. » Cette blague a provoqué des rires nerveux, mais a également laissé planer un vrai malaise.
Le choix de faire référence à Jeffrey Epstein, retrouvé mort en prison en 2019 après avoir été accusé de trafic sexuel de mineures, révèle la sensibilité du sujet. Les enquêtes autour de cette affaire ont permis la publication de milliers de pages de documents, contenant des noms de personnalités politiques, économiques et artistiques. En choisissant d’en rire, Benjamin Lavernhe a pris un risque calculé qui a suscité de vives réactions.
Au-delà de cette séquence, la cérémonie a été marquée par des moments forts et des prises de parole engagées. Golshifteh Farahani a évoqué la situation difficile en Iran dans un discours poignant. Camille Cottin, présidente de la cérémonie, a également ouvert l’événement avec un message direct sur les tensions qui traversent le monde du cinéma. Même la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a été interpellée sur ces enjeux, soulignant l’importance des voix qui s’élèvent dans ce contexte.
La présence de Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, a également été un moment fort de la soirée. L’acteur américain a été longuement applaudi par ses pairs et le public présent, témoignant de l’affection et du respect qu’il inspire dans l’industrie cinématographique.
Les César 2026 auront ainsi prouvé que derrière le vernis du glamour, le cinéma français n’hésite pas à affronter des sujets délicats et à porter des messages engagés. L’humour noir, tout en étant une arme puissante, a également révélé des fissures dans l’ambiance de la soirée, avec des visages parfois fermés et des applaudissements hésitants. Cette dualité, à la fois comique et sérieuse, a pu rendre l’événement mémorable.
En définitive, la cérémonie des César de cette année a su allier rires, émotions et réflexions profondes sur des questions contemporaines, prouvant que le septième art est plus qu’un simple divertissement.