Chaleurs extrêmes : les antidépresseurs et le risque accru de déshydratation

Ce mercredi 27 mai, treize départements français sont placés en vigilance orange canicule. Selon Santé publique France, on observe déjà une augmentation des passages aux urgences pour déshydratation, particulièrement sur la partie ouest du pays. Caroline Semaille, directrice générale de l’agence, a récemment évoqué ce phénomène sur les ondes de franceinfo. La déshydratation, qui résulte d’un manque d’eau et de sels minéraux dans le corps, représente un risque particulièrement accru en période de fortes chaleurs.

EN BREF

  • Treize départements français en vigilance orange canicule.
  • Certains antidépresseurs aggravent le risque de déshydratation.
  • Il est crucial de rester vigilant durant les fortes chaleurs.

Il est important de noter que certains médicaments, notamment les antidépresseurs, peuvent exacerber ce risque. Des millions de Français suivent des traitements au long cours sans être conscients que certaines molécules modifient la capacité de leur corps à réguler sa température. La Dr Cécile Feltin, psychiatre, alerte sur cette problématique via son compte Instagram @psychiatrie.sans.filtre, soulignant que les patients sous antidépresseurs rapportent souvent une sensibilité accrue à la chaleur et une hypersudation, sans que cela ne leur ait été expliqué lors de la prescription.

Cette réaction est liée à la thermorégulation, c’est-à-dire la capacité de l’organisme à maintenir une température interne stable. Les antidépresseurs agissent sur les neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la noradrénaline, ce qui peut interférer avec ces processus. Par conséquent, le corps transpire différemment et peine à réguler sa température lorsqu’il est exposé à des chaleurs intenses.

La Dr Feltin a dressé une liste des médicaments concernés, citant notamment les inhibiteurs de la recapture de sérotonine et noradrénaline, tels que la venlafaxine, ainsi que certains antipsychotiques. Le lithium mérite également une attention particulière pour des raisons pharmacologiques distinctes.

Face à cette situation, la Dr Feltin ne recommande pas d’interrompre ses activités, mais encourage à adopter quelques réflexes simples : toujours avoir de l’eau à portée de main, augmenter les apports hydriques si l’on transpire plus que d’habitude, utiliser un écran total et chercher l’ombre. La vigilance doit être particulièrement accrue pour les personnes âgées et celles sous plusieurs médicaments simultanément. Dans tous les cas, il est essentiel de ne pas arrêter son traitement sans avis médical.

Il convient également de rappeler que d’autres médicaments, tels que des diurétiques ou des anti-inflammatoires, peuvent également aggraver le risque de déshydratation pendant les périodes de chaleur. Certaines molécules, comme les antihistaminiques, les traitements pour la maladie de Parkinson, ou encore certains neuroleptiques, peuvent empêcher le corps de réguler sa température efficacement. Dans les cas les plus graves, ces neuroleptiques peuvent entraîner des complications médicales sérieuses.

En cas de coup de chaleur, il est crucial de savoir quoi éviter : ni paracétamol, ni aspirine ne doivent être utilisés, car ils peuvent perturber la régulation thermique. Il est préférable de se tourner vers des informations vérifiées pour gérer ces situations, et d’éviter toute automédication, surtout chez les personnes âgées.

En somme, la canicule représente un danger accru pour ceux qui prennent des médicaments modifiant la régulation thermique de l’organisme. Une bonne hydratation et une vigilance constante sont essentielles pour traverser cette période de fortes chaleurs.