Chenevelles : un village de 470 habitants fête la diversité avec les Fiertés Rurales

Chaque été, le village de Chenevelles, dans la Vienne, se transforme en un véritable symbole de la diversité. Lors de la cinquième édition des Fiertés Rurales, pas moins de 6 000 personnes se sont réunies pour célébrer la communauté LGBTQIA+. Cet événement, qui attire des visiteurs de toute la France et même de l’étranger, est devenu un rendez-vous incontournable pour promouvoir l’acceptation et l’inclusion.

EN BREF

  • 6 000 participants à la 5e édition des Fiertés Rurales à Chenevelles.
  • Événement organisé par le maire Cyril Cibert et le militant Étienne Deshoulières.
  • Une célébration de la diversité LGBTQIA+ en milieu rural, rassemblant toutes les générations.

À l’origine de cette initiative, Cyril Cibert, le maire de Chenevelles, a partagé avec enthousiasme comment l’idée d’une Gay Pride a germé lors d’une discussion informelle avec Étienne Deshoulières, un avocat engagé pour les droits LGBT. « Un soir à l’apéro, Étienne me propose de faire une Gay Pride à Chenevelles. J’ai dit : chiche, on y va », se souvient Cyril avec une émotion palpable.

Depuis sa première édition, l’événement a su rassembler une communauté variée, allant des agriculteurs aux citadins, dans une atmosphère de célébration et d’acceptation. Les participants, qu’ils soient hétérosexuels, homosexuels, trans ou queer, se sentent chez eux dans ce cadre festif et bienveillant. Gregory Singer, président de Fiertés Rurales, souligne l’importance de cet événement : « Moi, petit-fils d’agriculteur, jamais je n’aurais pensé que des agriculteurs puissent nous accompagner dans une Pride. »

Les Fiertés Rurales font également office de plateforme pour aborder des sujets cruciaux. Plusieurs intervenants ont évoqué les défis auxquels la communauté LGBTQIA+ est confrontée, notamment la régression des droits dans certains pays. « Nos droits ne sont pas acquis », rappelle Alex, une drag queen présente lors de l’événement.

Les festivités, intégrant des chars décorés et une ambiance musicale électro, permettent aux participants de s’affirmer librement. Chloé, une artisan plombier en transition, témoigne de la libération que cet événement lui procure : « Cette journée me permet d’avoir des renseignements sur ma transition. »

Malgré l’esprit festif, de nombreuses voix se sont élevées pour questionner la présence de personnalités politiques à l’événement. Aurore Bergé, ministre de l’Égalité des femmes et des hommes, a été accueillie sur l’un des chars, mais son invitation n’a pas fait l’unanimité. Certains participants se sont interrogés sur son passé politique, notamment son opposition au mariage pour tous. « Aurore Bergé n’a rien à faire dans une Pride, » s’interroge Frieda, tandis que d’autres prônent une vision plus ouverte, affirmant que le changement est possible.

Ce festival est désormais bien ancré dans le paysage rural français, et son succès soulève des interrogations sur l’avenir. Cyril Cibert envisage un développement futur ambitieux : « Je souhaite que dans dix ans il y ait 200 Fiertés Rurales en France. »

En somme, les Fiertés Rurales de Chenevelles ne sont pas seulement une célébration de la diversité, mais également un appel à la solidarité, à l’acceptation et à la reconnaissance des droits de chacun. Cet événement montre qu’il est possible d’être soi-même, peu importe où l’on se trouve.