Au mois de février 2026, l’inflation en Chine a enregistré une flambée significative, atteignant son plus haut niveau depuis plus de trois ans. Cette hausse, révélée par le Bureau national des statistiques (BNS), survient alors que les autorités chinoises tentent de relancer une demande intérieure en berne.
EN BREF
- L’inflation a grimpé à 1,3 % sur un an en février 2026.
- Cette augmentation est supérieure aux prévisions des analystes qui tablaient sur 0,9 %.
- Le gouvernement vise une croissance de 4,5 à 5 % pour l’année en cours.
La mesure clé de l’inflation, l’indice des prix à la consommation, a ainsi progressé de 1,3 % sur un an. Cette augmentation est particulièrement marquée par rapport à la hausse de 2,1 % enregistrée en janvier 2023. Les autorités se sont appuyées sur les congés du Nouvel an lunaire pour espérer stimuler la consommation.
La dynamique économique de la Chine, la deuxième économie mondiale, est confrontée à des défis notables. Depuis plusieurs années, le pays subit des pressions déflationnistes, notamment en raison d’une demande intérieure fragile, d’excédents de production, d’une crise immobilière sévère, et d’un taux de chômage élevé chez les jeunes. Face à cette situation, les producteurs se livrent à une intense guerre des prix pour stimuler les ventes et réduire les stocks excédentaires.
Le chiffre de 1,3 % est supérieur aux attentes des analystes de l’agence Bloomberg, qui s’attendaient à une hausse de 0,9 %. Ce résultat marque également le cinquième mois consécutif d’augmentation de l’indice des prix à la consommation.
Cependant, des voix s’élèvent pour nuancer cette embellie. Zichuan Huang, économiste chez Capital Economics, pointe que cette hausse est en partie due à des facteurs temporaires, tels que la diminution de la déflation pétrolière et les variations des prix des denrées alimentaires et des services liés au tourisme pendant la période du Nouvel an. Elle avertit également que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient continuer à alimenter l’inflation tant que les prix mondiaux de l’énergie demeureront élevés.
Les résultats des Deux Sessions, une rencontre politique majeure à Pékin, suscitent également des inquiétudes quant à la demande intérieure. Huang souligne que les résultats jugés « décevants » pourraient freiner toute accélération de l’inflation, lorsque les tensions se calmeront.
L’économie chinoise aspire à retrouver le dynamisme d’avant la pandémie de Covid-19, mais elle se heurte à des déséquilibres structurels et à des pressions commerciales, notamment de la part des États-Unis. Malgré une vitalité notable des exportations et un excédent commercial record dépassant les 1 200 milliards de dollars en 2025, le pays doit faire face à des défis importants.
Le gouvernement chinois a récemment annoncé un objectif de croissance de 4,5 à 5 % pour l’année 2026, un chiffre jugé modeste et qui rappelle les priorités de la politique économique actuelle. L’accent est mis sur la nécessité de stimuler la demande intérieure et de réduire la dépendance aux exportations, un enjeu central du Plan quinquennal 2026-2030, actuellement débattu à Pékin.
Pour soutenir cette dynamique, des mesures ont été mises en place pour encourager les dépenses des ménages, incluant un programme de subventions pour des biens tels que l’électroménager et les meubles. Les autorités ont également misé sur l’effet d’entraînement des congés du Nouvel an, période traditionnellement associée à une augmentation de la consommation et des voyages. Les vacances, qui ont duré neuf jours, ont été l’occasion d’initiatives incitatives comme des bons d’achat.
En parallèle, le BNS a indiqué que l’indice des prix à la production a reculé de 0,9 % en février 2026 sur un an. Ce recul, qui traduit une réduction de la marge bénéficiaire des entreprises, est un signal d’alerte pour l’économie. Bien que le rythme de cette baisse se soit atténué par rapport aux mois précédents, la situation reste préoccupante.
Dans ce contexte, l’inflation en Chine demeure un indicateur crucial à suivre, tant pour l’économie nationale que pour l’économie mondiale.