Dans trois semaines, les fêtes de Pâques s’annoncent avec leur lot traditionnel de chocolats. Après une année 2025 marquée par une hausse significative des prix, la question se pose : les tarifs vont-ils à nouveau augmenter cette année ? Le marché du chocolat, déjà sous tension, semble promettre une stabilisation.
EN BREF
- Les prix des chocolats de Pâques avaient augmenté de 14% en 2025.
- Le cours du cacao a baissé en 2026, atteignant environ 2.500 euros la tonne.
- Les chocolatiers s’attendent à une stabilisation, voire une baisse des prix cette année.
Thierry Pouch, économiste à l’université de Reims Champagne-Ardenne, rappelle que le cours du cacao a connu des fluctuations alarmantes entre 2022 et 2024, se maintenant autour de 2.000 à 2.500 euros la tonne. Cependant, à la fin de l’année 2024 et durant 2025, les prix ont atteint des sommets, culminant à 12.000 euros la tonne. Cette situation exceptionnelle a été attribuée à des conditions climatiques défavorables et à une faible rémunération des cultivateurs, conjuguées à une diminution des stocks.
Cette crise a eu des répercussions directes sur le prix des chocolats. En effet, selon l’UFC-Que Choisir, les chocolats de Pâques ont vu leur prix moyen grimper de 14% l’an dernier, et les tablettes de chocolat ont enregistré une hausse de 32,8%. Par exemple, la tablette de chocolat noir intense 70% de Lindt a connu une augmentation de 24% entre février et octobre 2025.
Fort heureusement, depuis le début de cette année, le cours du cacao a amorcé une descente, retrouvant son niveau d’avant crise à environ 2.500 euros la tonne. Ce retournement pourrait avoir des conséquences favorables pour les consommateurs.
Les chocolatiers, qui achètent leurs fèves plusieurs mois à l’avance, se préparent à ce changement. Cela signifie que les chocolats disponibles en rayon cette année proviennent de fèves achetées lors des pics de prix de l’année précédente. Ainsi, les experts, dont Thierry Pouch, s’accordent à dire que les prix ne devraient pas augmenter en 2026. « Nous observerons soit une stabilisation, soit une baisse », avance-t-il.
Certains chocolatiers, comme Cédric Taravella, président des chocolateries Chapon, affirment qu’il n’y aura pas d’augmentation de prix au kilo cette année. Néanmoins, il a décidé de cesser les moulages sophistiqués, devenus trop coûteux. La chocolaterie alsacienne Abtey partage un avis similaire, soulignant que les fêtes de Pâques représentent près de 40% de son chiffre d’affaires.
Olivier Dauvers, un spécialiste de la consommation, a déjà noté une tendance à la baisse dans certains produits, comme la tablette de chocolat noir Top Budget, qui a enregistré une diminution de 2% entre avril et octobre 2025.
Cependant, les grandes enseignes comme E.Leclerc et Carrefour n’ont pas souhaité se prononcer sur la question. Les chocolatiers s’accordent à dire que le chocolat noir et le chocolat blanc, contenant respectivement plus de cacao et de beurre de cacao, seront les plus sensibles aux fluctuations de prix. « Il faudra attendre 6 à 12 mois pour qu’ils redeviennent moins chers », explique le président de Chapon.
Il est essentiel de comparer les prix en magasin et en ligne avant d’effectuer un achat, surtout dans un contexte où les prix sont en mutation. Pour ceux qui souhaitent éviter les effets des fluctuations du marché du cacao, des alternatives sans cacao, comme le ChoViva de la chocolaterie Abtey, s’avèrent intéressantes.
Bien que les prévisions soient optimistes pour cette année, l’avenir reste incertain. Thierry Pouch rappelle que des événements géopolitiques, comme le conflit au Moyen-Orient, pourraient influencer les coûts d’expédition et par conséquent, les prix des chocolats. « C’est un facteur à surveiller », insiste-t-il, tout en évoquant le risque potentiel d’un retour à l’inflation.
Si la tendance actuelle se maintient, les chocolatiers espèrent une baisse des prix pour Pâques en 2027, mais cela dépendra de nombreux facteurs extérieurs. Le marché du chocolat, comme bien d’autres, reste imprévisible.