Un mur, qu’il soit attenant à votre maison, à un jardin ou en bordure de rue, peut rapidement sembler désolé s’il n’est pas agrémenté de végétation. Nombreux sont les jardiniers qui se posent la question cruciale : quelles espèces planter pour embellir cet espace sans compromettre l’intégrité de la façade ? Le choix des plantations ne se limite pas à des considérations esthétiques ; il dépend également de l’orientation, de la chaleur réfléchie, de l’humidité du sol et même des contraintes légales. En effet, un mur exposé plein sud accumule la chaleur et assèche le sol, tandis qu’un mur au nord reste souvent frais, parfois humide, et reçoit peu de lumière directe.
EN BREF
- Le choix des plantations dépend de l’orientation du mur et des conditions climatiques.
- Des règles spécifiques encadrent la hauteur des plantations près des limites séparatives.
- De nombreuses municipalités encouragent le fleurissement des façades pour préserver la biodiversité.
Avant de se précipiter dans une jardinerie, il est essentiel de procéder à une analyse minutieuse des éléments environnants : l’orientation (sud, ouest, est, nord), la durée d’ensoleillement, la présence d’un trottoir et le type de sol. Les murs exposés au soleil emmagasinent la chaleur et favorisent la sécheresse, ce qui convient particulièrement aux plantes méditerranéennes, à condition que le sol soit bien drainé et paillé. En revanche, un mur à l’ombre constitue un excellent milieu pour des feuillages ornementaux et des floraisons de mi-ombre qui apprécient la fraîcheur.
Il est également crucial de prendre en compte les aspects légaux. L’article 671 du Code civil stipule qu’un arbre ou un arbuste dépassant 2 mètres de hauteur doit être planté à au moins 2 mètres de la limite séparative. En dessous de cette hauteur, la distance minimale est réduite à 0,50 mètre. Pour les plantations en espalier directement contre un mur mitoyen, aucune distance n’est requise, mais elles ne sont pas autorisées pour les non-propriétaires si le mur n’est pas mitoyen. En cas de litige, l’article 672 permet aux voisins de demander la taille ou l’arrachage des plantations.
Pour un mur orienté plein sud, les plantes grimpantes sont particulièrement adaptées à la chaleur. La vigne vierge peut rapidement recouvrir une façade et offre des couleurs flamboyantes à l’automne. Le jasmin étoilé, persistant et odorant, fleurit tout l’été, tandis que la bignone et la glycine ajoutent des éléments décoratifs. Certaines de ces plantes, comme la vigne vierge ou le lierre, s’accrochent d’elles-mêmes, tandis que d’autres nécessitent un treillis ou des câbles pour se développer.
Au pied d’un mur ensoleillé, des arbustes tels que la lavande, le romarin ou le ciste tolèrent bien la sécheresse, surtout si un paillis minéral est prévu. Ils peuvent être associés à des vivaces légères comme le gaura, les sédums, les erigerons ou les campanules, qui retombent gracieusement sur la pierre. Une combinaison intéressante consiste à marier une plante grimpante, un arbuste aromatique et quelques vivaces couvre-sol pour un décor pérenne et harmonieux.
En ce qui concerne un mur orienté au nord ou à l’est, le manque de lumière ne signifie pas que l’on doit abandonner l’idée d’y planter des végétaux. Le lierre reste une valeur sûre, à la fois robuste et persistant. L’hortensia grimpant et le schizophragma prospèrent à l’ombre et illuminent le mur de grandes inflorescences blanches. Au pied, des plantes comme le fusain du Japon, les hostas ou la fougère scolopendre apportent une touche de volume et un feuillage graphique, à condition de disposer d’un sol frais bien préparé.
Dans les zones urbaines, de nombreuses communes encouragent le fleurissement des façades. À Nantes, l’opération « Ma rue en fleurs » invite les habitants à semer des coquelicots, de la camomille romaine, de grandes mauves ou des silènes des prés dans les fissures au pied des murs. Selon Célia Jacob, chargée de gestion écologique des espaces verts, « fleurir sa rue contribue au développement de la flore locale, et les papillons ainsi que les insectes en bénéficieront ». Elle précise également que « l’entretien des pieds de murs est confié aux riverains », tandis que les agents de la voirie se concentrent uniquement sur le nettoyage des caniveaux et des bordures de trottoirs pour faciliter le ruissellement des eaux de pluie et préserver les revêtements de trottoirs.
Il est conseillé de retirer rapidement les jeunes arbres qui s’incrustent dans les fissures, car ils peuvent causer des dommages aux murs et aux trottoirs. En outre, l’utilisation de produits phytosanitaires pour ces pieds de murs est interdite depuis 2019, ce qui implique que l’entretien doit se faire dans un cadre entièrement naturel.