Le parquet national financier a décidé de clore l’enquête visant Nicolas Sarkozy pour trafic d’influence en Russie. Cette décision, annoncée le 21 mars, fait suite à des investigations qui n’ont pas permis d’établir la commission d’une infraction, comme l’a rapporté Mediapart.
EN BREF
- Le parquet national financier a classé sans suite l’enquête contre Nicolas Sarkozy.
- Aucune infraction n’a pu être établie concernant un contrat de conseil en Russie.
- L’ancien président fait également face à un procès en appel dans l’affaire du financement libyen.
Ouverte en 2020, l’enquête portait sur un contrat de conseil d’un montant de 3 millions d’euros sur deux ans, signé avec la compagnie d’assurances russe Reso Garantia. Cette entreprise est contrôlée par les oligarques Sergueï et Nikolaï Sarkisov. Les investigations avaient mis en lumière un premier versement de 500 000 euros, signalé par Tracfin sur un compte de Nicolas Sarkozy à Paris.
Cependant, les magistrats n’ont pas pu déterminer la nature exacte des prestations effectuées dans le cadre de ce contrat. La coopération des autorités russes a été jugée insuffisante, rendant impossible l’obtention d’informations concrètes sur les missions réalisées. Les échanges d’entraide judiciaire ont été largement interrompus, notamment après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
En l’absence de documents ou de témoignages fiables, les enquêteurs n’ont pas réussi à établir si l’ancien président avait réellement réalisé des activités de conseil qui justifieraient les sommes perçues. Les dirigeants de Reso Garantia, auditionnés, n’ont évoqué que des interventions générales sans fournir d’exemples spécifiques.
Face à cette situation, le parquet national financier a conclu qu’il n’y avait pas de raison de poursuivre l’ancien président, estimant qu’aucun élément matériel ne pouvait caractériser une infraction.
Cette décision de classement intervient alors que Nicolas Sarkozy est également jugé en appel à Paris dans une autre affaire, celle du financement libyen. Il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur son parcours judiciaire.
Cette affaire soulève des questions sur la transparence des contrats de conseil et les possibles conflits d’intérêts. Alors que l’ancien président navigue dans des eaux judiciaires tumultueuses, cette décision du parquet national financier pourrait avoir des répercussions sur sa position politique et publique.