Le procès en appel de Nicolas Sarkozy concernant le financement libyen de sa campagne de 2007 a pris une tournure délicate pour Claude Guéant. Ce mercredi 29 avril, l’avocat de l’ancien ministre a révélé que les récentes déclarations de l’ex-président de la République avaient eu un impact significatif sur la santé de son client.
EN BREF
- Claude Guéant souffre de problèmes de santé aggravés par les déclarations de Nicolas Sarkozy.
- L’ancien président conteste toute implication dans un financement illégal.
- Guéant a contesté les insinuations de Sarkozy et se dit affecté moralement.
Le procès, qui se déroule devant la cour d’appel de Paris, est centré sur des accusations selon lesquelles Nicolas Sarkozy aurait reçu des fonds de la part du régime de Mouammar Kadhafi pour sa campagne présidentielle. L’audience du 14 avril a vu l’ancien président maintenir sa défense, rejetant les allégations de financement illégal. Dans ces échanges, il a également insinué que Claude Guéant pourrait avoir agi dans un but d’enrichissement personnel.
Ces propos ont profondément perturbé Claude Guéant, qui, déjà affaibli par des problèmes de santé, n’a pas pu assister à l’audience et a dû faire parvenir une attestation écrite par l’intermédiaire de son avocat. Dans ce document, révélé par RTL, Guéant a nié les accusations et a affirmé avoir agi uniquement sous les instructions de Sarkozy, se distanciant ainsi de la défense de son ancien supérieur.
Me Philippe Bouchez El Ghozi, l’avocat de Guéant, a témoigné sur l’état de santé de son client lors de son passage à France Inter. Il a indiqué que les dernières déclarations de Sarkozy n’ont pas contribué à l’amélioration de sa condition. « Il ne va pas bien. Ça a été médicalement constaté par plusieurs médecins et un expert judiciaire désigné par la Cour d’appel de Paris », a-t-il déclaré. Ces mots soulignent la fragilité morale et physique de Guéant, qui semble peiner à digérer les propos de son ancien employeur.
Le procès a également été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de revenir sur un dîner officiel à Tripoli en juillet 2007, où Guéant était présent. Lors de cette rencontre, l’ancien président aurait demandé à son ex-bras-droit d’examiner la situation d’Abdallah Sennoussi, un homme lié au régime libyen. Sarkozy a cependant contesté cette version des faits, déclarant : « Je confirme ce qu’affirme M. Guéant : jamais, ni lui ni moi, nous n’avons voulu faire quelque chose pour Senoussi. »
Les tensions entre les deux hommes semblent désormais exacerbées, alors que Guéant continue de se battre pour sa réputation et son intégrité face à des accusations lourdes. Le procès en appel se poursuit, et les impacts psychologiques sur Guéant ne sont pas à sous-estimer, laissant entrevoir un épisode judiciaire qui pourrait marquer durablement la vie des deux protagonistes.
Dans ce contexte, les observateurs s’interrogent sur l’avenir de Claude Guéant, dont la santé semble de plus en plus fragile à mesure que le procès se déroule. Comment survivre à une telle pression alors que les révélations s’accumulent et que le passé resurgit sans cesse ? Le dénouement de cette affaire promet d’être scruté de près.