Closer » condamné en appel pour avoir révélé l’orientation sexuelle de Florian Philippot

Le 30 juin, la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation du magazine Closer à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à Florian Philippot, vice-président du Rassemblement national (anciennement Front national). Cette décision fait suite à la publication en décembre 2014 de photos montrant Philippot avec un homme présenté comme son compagnon, ce qui avait suscité une controverse considérable.

EN BREF

  • La cour d’appel a confirmé la condamnation de Closer pour atteinte à la vie privée de Florian Philippot.
  • Le montant des dommages et intérêts s’élève à 20 000 euros, justifié par le caractère sensationnel de la publication.
  • Philippot a dénoncé une société où l’intimité peut être violée pour des motifs financiers.

Dans cette affaire, le magazine avait fait appel de la décision initiale rendue par le tribunal de grande instance de Paris le 24 décembre 2014, laquelle l’avait condamné pour le même motif. L’avocat de la publication avait exprimé son étonnement face au montant des dommages, arguant qu’il était plus élevé que ce que l’on accorde habituellement à des personnalités publiques.

La cour a justifié le montant des dommages et intérêts en précisant que l’impact de l’article était d’une grande envergure, avec une couverture médiatique considérable. Dans sa décision, elle a noté que l’atteinte à la vie privée de Philippot était d’autant plus pertinente qu’elle a fait suite à une traque prolongée et à une publication conçue pour provoquer un retentissement médiatique fort.

Une publication intrusive

Le magazine Closer avait publié sept photos sur quatre pages, illustrant Florian Philippot en compagnie d’un homme dont le visage était flouté. Sur la couverture, une petite image du couple était accompagnée du titre « Oui à l’amour pour tous », un slogan qui, de toute évidence, jouait sur l’identité politique de Philippot et ses positions sur le mariage homosexuel.

Grégoire Lafarge, l’avocat de Philippot, a exprimé sa satisfaction face à cette décision judiciaire. Pour lui, la motivation du tribunal relève de la gravité des violations subies par son client, qui ne voulait pas que son homosexualité soit révélée de cette manière. L’avocat a souligné que cette décision s’étend au-delà de la personne publique, touchant à la vie privée de chaque citoyen.

Une traque indéniable

Philippot a dénoncé la « traque » dont il a été victime, remettant en question les pratiques de certains médias. Il a déclaré : « Quelle est cette société où l’on peut être traqué, pisté plusieurs jours, pris en photo à son insu ? » La question a des résonances plus larges, frappant à la porte des valeurs de notre société moderne. L’eurodéputé a ajouté que la multiplication des articles de divertissement ne présage rien de bon pour la dignité humaine.

De son côté, la défense de Closer avait tenté de justifier la diffusion de ces images en invoquant le droit à la liberté d’expression ainsi que l’intérêt général, soutenant que les histoires personnelles des politiques influencent leurs choix. Cependant, la cour a répondu que la motivation de la publication était principalement liée à un souci de sensationnel, sans prendre en compte la vie privée du concerné.

Finalement, cette affaire soulève un questionnement fondamental sur les limites de la liberté de la presse et le respect de la vie privée. La frontière entre information d’intérêt public et intrusion dans la vie personnelle est parfois floue, et il semble crucial de rappeler que chaque individu, quel que soit son statut public, a droit à la protection de son intimité.