CNews : une pétition pour sa fermeture dépasse les 500 000 signatures

Une pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale, demandant la suppression de CNews de l’audiovisuel français, a franchi le cap des 500 000 signatures ce lundi 2 novembre 2026. Cette mobilisation populaire pourrait ouvrir la voie à un débat au sein de l’hémicycle, bien que la fermeture de la chaîne ne soit pas automatique.

EN BREF

  • Plus de 500 000 signatures pour la fermeture de CNews.
  • Un potentiel débat au sein de l’Assemblée nationale est envisagé.
  • La chaîne est accusée de promouvoir des discours d’extrême droite.

La chaîne d’information, appartenant au groupe Canal+ et dirigée par le milliardaire Vincent Bolloré, fait l’objet de vives critiques. Accusée de favoriser les thèses d’extrême droite, CNews a réagi en affirmant défendre la liberté d’expression. La pétition, qui a été lancée par un particulier, a suscité un élan significatif de soutien, particulièrement après l’attentat raciste survenu à Trappes le 23 octobre.

Ce tragique événement a ravivé les critiques à l’encontre de CNews, certains acteurs de la gauche, dont le maire de Trappes, Ali Rabeh, affirmant que la chaîne porte une part de responsabilité dans la diffusion de discours stigmatisants à l’égard des immigrés. « CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande », souligne l’introduction de la pétition.

Le règlement de l’Assemblée nationale stipule qu’un débat peut être organisé lorsque le seuil de 500 000 signatures est atteint. Toutefois, cela ne garantit pas un examen systématique de la pétition. Avant qu’un débat puisse avoir lieu, une commission doit se prononcer sur son classement ou son examen, ce qui peut prendre du temps.

Il est important de noter qu’un débat parlementaire ne signifie pas nécessairement que CNews sera fermée. Les pétitions citoyennes, même celles qui recueillent un large soutien, ne peuvent pas entraîner directement l’arrêt de la diffusion d’une chaîne de télévision. De telles décisions relèvent des compétences de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, qui doit agir conformément à la loi.

Cette pétition, lancée en juin 2026, a vu son nombre de signataires exploser à la fin d’octobre, augmentant de moins de 100 000 à plus de 500 000 signatures en quelques jours. Cela témoigne d’un désenchantement croissant au sein de la société française concernant les médias et leur rôle dans le paysage politique actuel.

Par ailleurs, CNews a été mise en demeure en juin par l’Arcom de corriger un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion » sur ses antennes, particulièrement en ce qui concerne la menace de l’immigration et de l’islam sur la société française.

Les équipes de CNews ont également été confrontées à une hostilité croissante lors des mobilisations sociales, et leur siège a récemment été attaqué par des manifestants. Ce climat de tension souligne les enjeux autour de la liberté de la presse et de l’information en France, alors que les médias sont souvent pris dans la tourmente des débats politiques.

Dans un contexte où la liberté d’expression est souvent mise en avant, la question de la responsabilité des médias dans la diffusion d’idées extrêmes continue de susciter des interrogations. Ce débat, désormais porté au sein de l’Assemblée, pourrait révéler des lignes de fracture profonde dans la société française.