Coline Berry témoigne à l’Assemblée nationale sur l’inceste et les violences sexuelles

Le 29 avril 2026, la comédienne et scénariste Coline Berry a pris la parole devant l’Assemblée nationale, témoignant des violences sexuelles qu’elle a subies durant son enfance. Connue pour son engagement, elle est également la fille de l’acteur Richard Berry. Son intervention a eu lieu dans le cadre de la Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales, et elle a mis en lumière l’urgence de protéger les victimes et de réformer le système judiciaire.

EN BREF

  • Coline Berry témoigne sur les violences sexuelles subies durant son enfance.
  • Elle appelle à une réforme du système judiciaire face à l’inceste.
  • Son témoignage relance le débat sur la protection des victimes en France.

Dans un contexte familial particulièrement tendu, Coline Berry a relaté des expériences de violences physiques et sexuelles répétées, affirmant que celles-ci avaient eu lieu presque chaque week-end de son enfance. Son témoignage, qui résonne avec le mouvement actuel de libération de la parole, interpelle la société sur les failles du système judiciaire face à l’inceste.

Au cours de son audition, elle a souligné que son désir de parler avait commencé dès l’âge de trois ans, bien avant qu’elle ne puisse trouver les mots justes pour exprimer ce qu’elle vivait. Elle a évoqué ce silence familial qui l’a maintenue dans un état d’emprise psychologique, expliquant que ses tentatives d’alerte avaient été accueillies par des moqueries et du mépris. « J’apprends donc dès mes trois ans que dire non ne suffit pas », a-t-elle déclaré, illustrant la difficulté des enfants victimes à se faire entendre.

Coline Berry a aussi insisté sur la notion d’enfermement psychologique, présentant l’inceste comme une forme de soumission et d’appropriation. Elle a partagé des souvenirs qui continuent de la hanter, des sensations et des images qui ne s’effacent pas. Sa prise de parole est particulièrement marquante dans un pays qui fait face à environ 160 000 violences sexuelles subies par des enfants chaque année.

Le parcours judiciaire de Coline Berry a été long et complexe. En 2021, elle avait porté des accusations formelles contre son père et l’ancienne compagne de celui-ci, Jeane Manson, pour des actes d’inceste et d’agressions sexuelles. Cependant, en 2022, sa plainte a été classée sans suite en raison de la prescription des faits. Richard Berry, pour sa part, a toujours nié les accusations et n’a jamais été condamné, restant présumé innocent.

Le volet judiciaire a pris un nouveau tournant lorsque Jeane Manson a poursuivi Coline Berry pour diffamation. Bien qu’une première décision ait entraîné une condamnation pour diffamation, la Cour de cassation a annulé cette décision en décembre 2023, permettant à Coline Berry d’obtenir finalement une relaxe en juillet 2024. Ce dénouement a été perçu comme une reconnaissance essentielle de la parole des victimes.

Si l’enquête pénale sur les accusations n’a pas abouti à une condamnation, le témoignage de Coline Berry a ravivé le débat public sur la prescription et l’écoute des victimes. Son intervention a été largement relayée par les médias, alimentant les discussions sur la réforme nécessaire du droit et la protection des enfants victimes de violences sexuelles en France.

Ce moment fort à l’Assemblée nationale souligne l’importance de donner une voix aux victimes et de s’attaquer aux dysfonctionnements du système judiciaire. Coline Berry incarne une nouvelle génération de témoins qui osent briser le silence et faire face à l’horreur. Sa démarche est un appel à la société toute entière pour qu’elle prenne conscience de la nécessité de protéger les plus vulnérables.