Coline Berry témoigne devant la commission d’enquête sur l’inceste : un appel à l’action

Ce mercredi 29 avril, Coline Berry a livré un témoignage bouleversant devant la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Dans un récit poignant, elle a évoqué les violences qu’elle accuse son père, l’acteur Richard Berry, ainsi que son souhait de voir des changements législatifs pour mieux protéger les victimes.

EN BREF

  • Coline Berry témoigne des violences subies dans son enfance.
  • Elle appelle à des réformes pour mieux protéger les victimes d’inceste.
  • Elle dénonce le traitement judiciaire de son affaire et l’impunité persistante.

« Venir ici, c’est accepter de rouvrir des souvenirs qui ne sont pas seulement des souvenirs, mais des traumas », a déclaré Coline Berry, visiblement émue, devant les parlementaires. Ce témoignage, empreint de douleur, vise à sensibiliser les membres de la commission sur la nécessité d’agir face à l’inceste. « C’est profondément douloureux, mais c’est nécessaire pour que vous en preniez la mesure, pour que quelque chose change », a-t-elle ajouté.

Coline Berry, qui a porté plainte en janvier 2021 contre son père pour des faits de viols et d’agressions sexuelles sur mineur, a vu son affaire classée sans suite en raison de la prescription des faits. Elle a qualifié cette décision de « très douloureuse », soulignant : « Je suis née dans la violence. Avant même ma naissance. » Elle a également fait référence aux violences subies par sa mère, Catherine Hiegel, alors enceinte.

Dans son récit, elle a décrit des scènes tragiques de son enfance, affirmant avoir été victime de « viols presque chaque week-end ». Elle a utilisé des métaphores puissantes pour illustrer l’horreur de son vécu, affirmant : « Les jeux de l’orchestre n’étaient pas des jeux. C’étaient des viols répétés. » Coline Berry a insisté sur le fait que l’inceste ne doit pas être considéré comme une sexualité adulte, mais comme une forme de possession du corps de l’autre.

Elle a mis en lumière le silence qui entoure souvent ces violences, décrivant comment, enfant, elle avait tenté de parler sans avoir les mots justes. « Comme tous les enfants, j’ai parlé. À 3 ans, mais je n’avais pas les mots », a-t-elle raconté. Ce silence, a-t-elle expliqué, est souvent synonyme de danger pour les victimes. « Parler, c’est se mettre en danger », a-t-elle ajouté, témoignant de la peur qui l’a habitée pendant tant d’années.

Coline Berry a également évoqué son expérience avec la justice, décrivant comment, à la brigade des mineurs, elle a été confrontée à des questions humiliantes sur son vécu. « Pensez-vous sincèrement que la violence que subit un enfant dans l’inceste se mesure en centimètres ? » a-t-elle demandé, soulignant le caractère inacceptable de telles interrogations.

Elle a dénoncé le fait que, malgré le soutien de certains, elle a souvent été confrontée à l’incompréhension et au déni. Coline Berry a plaidé en faveur de l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs et a demandé des réformes pour protéger les victimes et faciliter les enquêtes. « La justice qui m’a dit que c’était trop tard », a-t-elle déploré, évoquant l’inadéquation du système judiciaire face à de tels crimes.

Au fil de son témoignage, Coline Berry a partagé son engagement à lutter pour que les voix des victimes soient entendues. Elle a conclu en exprimant son espoir que cette commission d’enquête ne reste pas lettre morte, appelant à l’application des recommandations de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).

« J’espère que cette commission ne restera pas lettre morte comme les 82 recommandations de la Ciivise qui ne sont toujours pas appliquées », a-t-elle déclaré, appelant à une prise de conscience collective pour mettre fin à l’impunité qui entoure ces violences.