Ce mardi 7 avril, un accident mortel s’est produit dans le Pas-de-Calais, lorsqu’un TGV circulant sur la ligne Dunkerque-Paris a percuté un poids lourd à un passage à niveau. L’incident a eu lieu aux alentours de 7 heures du matin dans la commune de Bully-les-Mines, située entre Béthune et Lens. Cet événement a coûté la vie au conducteur du train, un homme de 56 ans, qui a été retrouvé en arrêt cardiorespiratoire après avoir été incarcéré dans sa cabine.
EN BREF
- Un TGV a percuté un camion transportant du matériel militaire, entraînant un décès.
- 16 personnes ont été blessées, dont deux en urgence absolue.
- Une enquête pour homicide involontaire aggravé a été ouverte.
Le conducteur, qui travaillait pour la SNCF depuis de nombreuses années, était marié et père de quatre enfants. Jean Castex, le PDG de la SNCF, a salué sa mémoire, le qualifiant de « professionnel chevronné ». L’accident a également causé des blessures à 16 passagers, dont deux ont été hospitalisés en urgence absolue, bien que leurs jours ne soient pas en danger selon le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch.
Au moment de l’impact, le TGV circulait à une vitesse de 160 km/h et a continué à avancer sur plusieurs centaines de mètres avant de s’arrêter. Des images du train, qui a subi de lourds dommages à l’avant, sont désormais diffusées, mettant en lumière l’ampleur de la collision.
Les 246 passagers à bord ont été évacués par la SNCF, qui a mis en place six bus pour les transporter. Une cellule psychologique a également été organisée pour soutenir les personnes affectées par cet incident tragique.
Le camion, conduit par un homme de 30 ans d’origine polonaise, transportait un pont mobile des armées. Ce convoi exceptionnel revenait d’un exercice en Belgique et devait être ramené à Angers, au 6e régiment du génie. Le chauffeur a été légèrement blessé et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête en cours pour homicide involontaire aggravé.
Le procureur de Béthune a précisé que l’enquête cherchera à déterminer les circonstances précises de l’accident, notamment si le chauffeur du camion a forcé le passage à niveau. À l’heure actuelle, il est difficile de dire si des manquements ont eu lieu, l’enquête étant encore à ses débuts.
Philippe Tabarot, ministre des Transports, s’est rendu sur les lieux dans la journée et a exprimé ses condoléances. Lors d’une conférence de presse, Jean Castex a également affirmé que le passage à niveau était en état de fonctionnement normal au moment de l’accident, et a ajouté que les causes de cette tragédie restent à éclaircir.
En raison de l’accident, la circulation des trains a été interrompue jusqu’en fin de journée entre Béthune et Lens, avec des coupures d’alimentation électrique sur cet axe. Le trafic est également suspendu sur d’autres lignes, notamment entre Lille et Béthune, Lille et Lens, ainsi que Lille et Douai.
Des voix se sont élevées, notamment celle du député insoumis Thomas Portes, qui a présenté ses condoléances à la famille de la victime et à tous les cheminots. Fabien Villedieu, secrétaire général de Sud Rail, a également exprimé sa tristesse face à ce nouvel accident, partageant des images du train accidenté. Dans un élan de solidarité, Fabien Roussel, chef du Parti communiste, a également adressé ses pensées aux proches de la victime, insistant sur la nécessité d’une sécurité accrue sur les infrastructures et dans le milieu professionnel.
La SNCF a confirmé la mise en place d’une cellule psychologique pour soutenir la communauté cheminote, profondément affectée par cette tragédie. Les prochaines semaines seront cruciales pour comprendre les circonstances de cet accident dévastateur et pour rendre hommage à un homme qui a consacré sa vie à son métier.