Les jardins français connaissent un phénomène préoccupant : la présence des chouettes, ces rapaces nocturnes fascinants, devient de plus en plus rare. L’urbanisation, la destruction des haies et des vieux arbres, ainsi que les pratiques agricoles intensives fragilisent la biodiversité qui nous entoure. Pourtant, il est possible d’accueillir ces oiseaux chez soi, en apportant quelques aménagements simples.
EN BREF
- Les chouettes sont essentielles pour contrôler les populations de rongeurs dans les jardins.
- Des aménagements simples peuvent favoriser leur installation près de chez vous.
- Attirer ces rapaces contribue à la biodiversité et à la santé de votre potager.
Accueillir une chouette hulotte ou une effraie des clochers dans son jardin ne nécessite pas une grande propriété isolée. En effet, tout réside dans des détails pratiques et esthétiques. Ces oiseaux, qui se nourrissent de campagnols, mulots et souris, jouent un rôle crucial en éliminant ces nuisibles tout en offrant un spectacle nocturne unique.
Les chouettes ont besoin de cavités profondes pour se reposer, nicher et élever leurs petits. Malheureusement, les vieux arbres creux, les troncs morts et les combles peu fréquentés disparaissent peu à peu. Un membre du Groupe ornithologique breton explique : « Les haies et les bois morts sont de moins en moins tolérés dans le paysage ». Cela entraîne une réduction des abris disponibles, et par conséquent, moins de nichées chaque année, tant en milieu urbain qu’à la campagne.
À cela s’ajoutent nos pratiques de jardinage modernes : pelouses impeccables, tailles sévères des arbres, éclairage puissant et tondeuses utilisées tard le soir. Les rodenticides, utilisés pour lutter contre les souris, empoisonnent également leurs proies et, par ricochet, les chouettes. Un jardin paisible, partiellement sombre et exempt de produits chimiques devient alors plus attrayant pour ces oiseaux que des espaces trop entretenus et bruyants.
Pour compenser la disparition des cavités naturelles, l’installation d’un simple nichoir à chouettes peut faire une grande différence. Dans le Morbihan, par exemple, des boîtes en bois sont fixées en hauteur dans les arbres pour remplacer les troncs creux disparus. Placé à une hauteur de 4 à 5 mètres, orienté à l’abri du vent, ce nichoir constitue un refuge idéal pour les chouettes.
Autour de ce refuge, il est judicieux de recréer un petit coin de nature. Plutôt que de maintenir une pelouse rase, il est préférable de conserver une zone légèrement sauvage, avec des herbes hautes, des tas de branches, des haies vives et des fruitiers. Quelques gestes simples peuvent transformer votre jardin en un lieu accueillant.
Une fois installées, les chouettes deviennent de véritables alliées pour votre potager et votre verger. « Elles consomment plusieurs milliers de campagnols par an », note un naturaliste. Certaines études estiment qu’une nichée peut ingérer plus de 170 kg de micromammifères en quelques mois. Moins de rongeurs signifie moins de dégâts et moins de produits chimiques coûteux. De plus, cette initiative peut être reproduite à toute échelle, que ce soit dans un jardin ou un verger.
Observer la silhouette d’une chouette décoller de son nichoir au crépuscule peut susciter un réel désir de favoriser la nature chez soi. C’est un geste qui, bien que modeste, contribue à la préservation de la biodiversité et à la santé de l’environnement qui nous entoure.