Comparatif des sauces tomate : 60 Millions dénonce le manque de transparence

Dans le rayon des pâtes, la sauce tomate se présente comme un incontournable de la cuisine française. Avec une consommation annuelle qui continue de croître, atteignant une augmentation de 3,2 % en 2025, les Français se tournent vers ces produits jugés rassurants. Cependant, derrière l’image séduisante des bocaux rouges se cache une réalité bien plus nuancée, marquée par des recettes simples côtoyant des produits chargés en sel et en résidus de pesticides.

EN BREF

  • Une étude de 60 Millions de consommateurs évalue 30 sauces de supermarché.
  • Quatre références se distinguent pour leur qualité nutritionnelle et leur transparence.
  • Des résidus de pesticides sont retrouvés, même dans des produits bio.

Pour éclaircir ce sujet, le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible une sélection de 30 sauces, réparties en quatre catégories : coulis, concentrés, sauces au basilic et sauces bolognaises. L’évaluation s’est concentrée sur des critères tels que la qualité nutritionnelle, l’origine des tomates, le niveau d’ultra-transformation et la présence de contaminants. Le constat est sans appel : peu de produits se démarquent réellement par leur qualité.

Les échantillons analysés proviennent principalement de grandes marques, accompagnés de quelques références de distributeurs. Le laboratoire a utilisé des analyses isotopiques pour vérifier l’origine des tomates et a révélé que certains concentrés, prétendument italiens, pourraient en réalité provenir de Chine. Ces informations sont préoccupantes, surtout lorsque des étiquettes affichent « origine Italie » tout en n’étant pas conformes à la réalité. Les résultats de ces analyses se traduisent par des notes souvent inférieures à 10 sur 20, avec un score aussi bas que 5,4 pour le double concentré de la marque Eco+.

Sur le plan nutritionnel, les concentrés de tomates affichent des taux de sucre particulièrement alarmants, avec une moyenne de 14,3 g pour 100 g, soit près de quatre fois plus que pour une tomate fraîche. En ce qui concerne les sauces au basilic et les bolognaises, leur teneur en sel est également préoccupante, avec des listes d’ingrédients souvent longues, incluant des amidons modifiés et des arômes. Par exemple, la sauce basilic Florelli contient 1,7 g de sel pour 100 g, avec une douzaine d’ingrédients et la présence d’un pesticide interdit, le diméthomorphe. Son Nutri-Score est de C, avec une note d’environ 7,1 sur 20. Pour une portion de 80 g, la limite quotidienne de consommation de sel recommandée par l’Organisation mondiale de la santé est déjà largement dépassée.

Malgré ce tableau préoccupant, quatre sauces se distinguent nettement. Dans la catégorie des coulis, Le Delizie di Mamma remporte la palme avec une note de 19,2 sur 20, grâce à une recette simple centrée sur la tomate, sans pesticides détectés et avec peu de sel. Pour les sauces bolognaises, la sauce Carrefour Bio est bien notée avec 17,3 sur 20, bénéficiant d’une liste d’ingrédients courte et d’un bon équilibre nutritionnel à un prix abordable. La sauce au basilic Barilla Bio obtient un score de 17 sur 20, avec un Nutri-Score A, grâce à une recette épurée et un contrôle des matières grasses et du sel. Enfin, le double concentré de tomates Mutti se hisse à 16 sur 20, sans résidus de pesticides et confirmant une véritable origine italienne, en opposition à d’autres marques moins transparentes.

Ces quatre sauces partagent plusieurs caractéristiques : peu d’ingrédients, absence d’additifs superflus, apports modérés en sel et en sucres, ainsi qu’une composition proche de celle d’une sauce faite maison. Elles représentent donc des choix judicieux pour vos courses.

Bien que mémoriser toutes ces notes soit difficile lors des courses, les enseignements de 60 Millions de consommateurs permettent d’adopter des gestes simples et éclairés lors de vos achats en supermarché. Choisir des sauces de qualité peut contribuer à une alimentation plus saine et à une réduction de l’exposition à des substances indésirables.