Quatre ans après la tragique mort de Jérémie Cohen, un homme de 31 ans a été condamné à une peine de 10 ans de réclusion criminelle. Ce verdict a été prononcé le 20 février 2024 par la cour criminelle de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Miguel Dorothée a été reconnu coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, survenues le 16 février 2022.
EN BREF
- Miguel Dorothée condamné à 10 ans de prison pour la mort de Jérémie Cohen.
- Les violences répétées ont conduit à la fuite de la victime et à son décès.
- Un second accusé, Kenny A., a écopé de 30 mois d’emprisonnement.
Le président de la cour, Christophe Petiteau, a expliqué que les violences infligées à Jérémie Cohen avaient directement causé sa fuite, laquelle a entraîné la collision avec un tramway. L’avocat général, Théo Lemettre, avait auparavant requis 11 ans de réclusion, soulignant la gravité des faits, tout en notant que Dorothée n’avait qu’une condamnation précédente pour un délit routier.
Selon le réquisitoire, Jérémie Cohen, en raison de ses troubles psychiques, a été victime de coups de poing et de pied à deux reprises avant de fuir. L’accusation a affirmé que ces violences avaient été la cause de sa mort, tandis que Dorothée, durant son procès, a admis avoir commis des violences, mais a nié qu’elles aient causé le décès de la victime.
« Si ces violences n’avaient pas eu lieu, Jérémie Cohen serait toujours vivant », a déclaré l’accusation. La cour a également condamné un deuxième accusé, Kenny A., à 30 mois de prison dont 15 avec sursis pour son rôle dans les violences. Il a été relâché après avoir purgé quatre mois de détention provisoire.
Les avocats des deux accusés ont souligné que leurs clients avaient reconnu les faits et avaient exprimé des regrets. Ils n’avaient pas de passé judiciaire lié aux violences. L’avocat général a tenu à préciser que les actes commis n’étaient pas un meurtre ou un assassinat, mais plutôt un « lynchage doublé d’un effet de groupe » qui a conduit à la mort de Jérémie Cohen.
La famille Cohen, insatisfaite de la première version des faits, a relancé l’enquête en appelant à témoins et en obtenant une vidéo d’un touriste, montrant la scène des violences et la collision mortelle survenue seulement quelques secondes après. Cette vidéo a été examinée plusieurs fois au cours du procès.
En défense, l’avocat de Miguel Dorothée, Me Kamel Derouiche, a contesté la clarté des images concernant les coups portés. Il a plaidé pour l’acquittement de son client, arguant que Jérémie Cohen ne fuyait pas en étant poursuivi, mais plutôt qu’il tentait d’échapper à un contexte de violence. L’avocat a également évoqué une « réaction disproportionnée » des accusés face à un comportement qu’ils qualifiaient d’inapproprié de la part de la victime.
La défense a fait valoir que les déclarations concernant le comportement de Jérémie Cohen n’étaient pas corroborées par des preuves solides, soulignant ainsi l’absence de justification pour les violences infligées. La famille Cohen avait également sollicité l’aide d’Éric Zemmour, candidat d’extrême droite, pour attirer l’attention sur cette affaire, ce qui a suscité des critiques de la part de la défense. Ils ont appelé la cour à ne pas se laisser influencer par le tumulte médiatique entourant cette affaire.
Ce procès a mis en lumière les questions de violence en groupe et la responsabilité individuelle dans des situations de conflit. La cour a finalement tranché en faveur d’une sanction qui reflète la gravité des actes commis, tout en tenant compte des circonstances et des antécédents des accusés.