Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé, ce jeudi, une peine d’un an de prison ferme à l’encontre de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari pour des faits d’apologie du terrorisme. Cette décision soulève des interrogations cruciales concernant le sort de deux Français détenus en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris.
EN BREF
- Mahdieh Esfandiari condamnée à un an de prison pour apologie du terrorisme
- Les autorités iraniennes souhaitent un échange avec deux Français détenus
- Appel prévu de la défense d’Esfandiari sur la décision du tribunal
Mahdieh Esfandiari, âgée de 39 ans, a été condamnée à quatre ans de prison, dont un an ferme, pour apologie du terrorisme ainsi que pour des provocations en ligne. Arrivée en France en 2018, elle a été reconnue coupable d’avoir alimenté des comptes de l’organisation Axe de la Résistance par des publications incitant à la violence. Les publications en question, diffusées sur plusieurs plateformes, tels que Telegram et YouTube, faisaient l’apologie d’une attaque meurtrière attribuée au Hamas et proféraient des injures à l’égard de la communauté juive.
La condamnation d’Esfandiari soulève des questions géopolitiques délicates. En effet, les autorités iraniennes ont exprimé leur souhait d’échanger l’Iranienne contre Cécile Kohler et Jacques Paris. Ces derniers, condamnés à 20 et 17 ans de prison respectivement pour espionnage, avaient été libérés sous condition d’une assignation à résidence à l’ambassade de France en Iran, après plus de trois ans de détention.
À l’issue de l’audience, l’avocat de la défense, Me Nabil Boudi, a annoncé son intention de faire appel de la décision. Il a souligné que la sévérité de la peine pourrait être influencée par des considérations diplomatiques, ce qui, selon lui, constituerait une erreur judiciaire. “Nous allons interjeter appel (…) en espérant avoir une décision qui sera rendue sur la base d’éléments de droit et de faits”, a-t-il déclaré.
Les conséquences de ce jugement sont suivies de près, notamment par les proches de Cécile Kohler et Jacques Paris, dans un contexte déjà tendu en Iran, où des récentes manifestations ont été réprimées violemment. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a pris note de la décision de justice mais a évité de commenter ses implications.
Les autorités iraniennes, de leur côté, s’attendent à ce que cet échange se réalise une fois la procédure judiciaire en France clôturée. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé que des accords avaient été négociés, précisant que “tout est prêt” pour un éventuel échange, une fois que les procédures judiciaires seront achevées dans les deux pays.
La situation est d’autant plus complexe que les tensions militaires se sont intensifiées dans la région, les États-Unis ayant déployé des forces dans le Golfe et multiplié les avertissements en cas d’échec des négociations sur le programme nucléaire iranien. Des pourparlers ont repris récemment à Genève, dans un climat de forte inquiétude.
En somme, la condamnation de Mahdieh Esfandiari pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations diplomatiques entre la France et l’Iran, ainsi que sur le sort de deux de ses ressortissants actuellement détenus. Les prochains mois s’annoncent cruciaux alors que les enjeux de sécurité et de droits humains se croisent sur fond de tensions géopolitiques.