Condamnation de Théo Denner : 18 ans de prison pour chantage et viols sur adolescents

Le tribunal de Besançon a prononcé, ce mercredi, une peine de 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Théo Denner, un bûcheron de 25 ans. Il a été reconnu coupable d’avoir piégé 39 adolescents sur internet, en utilisant un faux profil de femme, et d’avoir commis des viols et agressions sexuelles entre 2018 et 2023.

EN BREF

  • Théo Denner a été condamné pour avoir piégé 39 adolescents sur internet.
  • Il a reconnu les faits, exprimant ses excuses aux victimes.
  • Le tribunal a qualifié ses actes de chantage sexuel et de viols graves.

La cour criminelle du Doubs a statué sur la culpabilité de l’accusé, ayant pris en compte la gravité des actes reprochés. Théo Denner, dont le procès a débuté le 9 mars, a été accusé initialement de crimes touchant 42 jeunes, mais a finalement été reconnu coupable pour 39 d’entre eux, principalement des jeunes hommes âgés de 13 à 19 ans.

Lors de son procès, l’accusé a manifesté des remords, déclarant : « Je présente mes excuses aux victimes et j’espère qu’après ce procès, elles pourront aller mieux. » Ses avocats ont mis en lumière des progrès dans son acceptation de son homosexualité, tentant de nuancer son profil psychologique. Ils ont plaidé pour une peine moins sévère, soutenant que son comportement était le résultat d’une construction personnelle complexe.

En revanche, l’avocat général, Jérémy Lhadi, a dressé un portrait alarmant de Denner, le qualifiant de « chasseur sexuel, méticuleux, » qui prend plaisir à « traquer, capturer et dominer » ses victimes. Le procureur a requis une peine de 20 ans, soulignant la gravité de l’ensemble des faits.

Théo Denner a utilisé un faux profil sur les réseaux sociaux, se faisant passer pour une femme nommée « Aurélie », afin d’attirer ses proies. Sous couvert d’une apparente innocuité, il a réussi à obtenir des photos et vidéos intimes de jeunes qu’il menaçait ensuite de publier s’ils ne se soumettaient pas à ses exigences sexuelles. Ce mécanisme de chantage a touché plusieurs jeunes hommes, dont six ont été victimes de viols, souvent pendant de longs mois.

Les victimes, issues d’un milieu rural où la honte et le silence prédominent, n’avaient pas osé dénoncer ces actes. Ce n’est qu’après qu’un adolescent de 17 ans, soutenu par sa famille, dépose plainte en 2021 que l’affaire a pris une tournure judiciaire. Son avocat, Jean-Baptiste Euvrard, a salué son courage, le qualifiant de « héros » qui a permis de mettre fin à cette spirale de souffrance.

La cour a décidé d’assortir la peine de Théo Denner d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans, avec une obligation de soins. Cette décision a été justifiée par la nécessité de protéger la société et de prendre en compte la personnalité de l’accusé. L’expert psychiatre qui a témoigné lors du procès n’a pas diagnostiqué de maladie mentale, mais a évoqué une « structure perverse » de sa personnalité, suggérant une complexité derrière ses actes criminels.

Ce procès a mis en lumière des problématiques profondes concernant le silence autour des violences sexuelles et la difficulté pour les victimes de s’exprimer. Bien que le verdict ait été prononcé, l’avocat général a exprimé l’espoir que ce procès permettra de « changer la honte de camp » et incitera d’autres victimes à s’exprimer.

Théo Denner a désormais dix jours pour faire appel de cette décision qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre ces crimes sur adolescents. Ce cas souligne l’importance d’une vigilance accrue face aux dangers des réseaux sociaux et des mécanismes de prédation qui peuvent y prospérer.