Condamnée pour un avis Google : une cliente de boulangerie sanctionnée à 2550 euros

Un simple avis négatif sur Google peut avoir des conséquences bien plus graves qu’on ne l’imagine. À Saint-Gall, en Suisse, une jeune femme de 28 ans a été condamnée pour avoir publié un commentaire très sévère sur une boulangerie, accompagnée d’une photo d’une employée de l’établissement. La justice a considéré que ses propos et l’image partagée constituaient des atteintes à la réputation de la personne concernée.

EN BREF

  • Une cliente a reçu une amende de 2550 euros pour un avis Google négatif.
  • Elle a photographié une employée et l’a qualifiée de « serveuse insolente ».
  • La justice a jugé que cela constituait une atteinte à la vie privée et à l’honneur.

Les faits se sont déroulés en février 2026. La cliente, installée à la terrasse de la boulangerie sans rien consommer, a été interpellée par une salariée qui lui a rappelé qu’il était nécessaire de commander pour rester assise. En réponse, elle a sorti son téléphone pour photographier la vitrine, l’établissement et surtout la serveuse, avant de publier un avis Google avec une note d’une étoile. Dans son commentaire, elle a décrit un service « extrêmement mauvais » et a qualifié la serveuse d’ »insolente ».

Cette publication, bien que partiellement floutée, a conduit la salariée à porter plainte, estimant que son image et son honneur avaient été atteints. Le ministère public de Saint-Gall a ouvert une enquête, examinant à la fois le texte et l’image. Étant donné que l’avis concernait une petite boulangerie bien identifiée, les conséquences sur l’e-réputation de l’établissement ont également été prises en compte.

Une décision de justice claire

À l’issue de l’enquête, la jeune femme a été reconnue coupable de diffamation, d’atteinte au domaine privé et d’infraction à la loi fédérale contre la concurrence déloyale. La condamnation a abouti à une amende avec sursis d’environ 2500 euros, ainsi qu’à des frais de procédure d’environ 850 euros. Bien que la photo de l’employée ait été retirée depuis, ce cas illustre l’importance de la protection de la personnalité en Suisse.

En effet, le droit à l’image y est pris très au sérieux. Les autorités fédérales chargées des données personnelles rappellent qu’une personne identifiable sur une photographie constitue une donnée personnelle. Publier une image d’un individu sans son consentement peut être considéré comme une atteinte à la vie privée, sauf si un intérêt public majeur est en jeu, ce qui est rare dans des conflits liés à des service jugé décevant.

Le délicat équilibre entre liberté d’expression et respect de la vie privée

Lorsqu’il s’agit d’exprimer un avis, la distinction entre ressenti et accusation est cruciale. Dire « je n’ai pas aimé » est un avis subjectif, tandis que qualifier une personne d’insolente ou d’incompétente peut être perçu comme une atteinte à son honneur. Ces propos, lorsqu’ils visent un commerce, peuvent également être qualifiés de dénigrement selon la loi fédérale. Si l’avis donne une image trompeuse ou exagérée de l’activité, les conséquences juridiques peuvent s’avérer lourdes.

Avant de publier un avis en ligne, il est donc conseillé de rester factuel. Mentionner la date, l’heure, le produit commandé, le délai d’attente et le prix payé réduit le risque de sanctions. Adopter un ton descriptif en utilisant le pronom « je » et en se concentrant sur son expérience sans juger les personnes est également recommandé. De plus, il est préférable de ne pas partager de photos d’employés reconnaissables sans leur consentement.

Si votre visage apparaît dans un avis ou sur une fiche d’établissement, des outils existent pour demander la suppression ou le floutage de la photo. Il est aussi possible de contacter directement le commerçant ou, en dernier recours, un avocat ou les autorités compétentes. Cette affaire rappelle que chaque publication en ligne peut avoir des répercussions juridiques, entre liberté d’expression et respect des personnes photographiées, chaque mot et chaque image peuvent peser lourd dans la balance.