Conditions indignes pour des mineurs au tribunal de Bobigny, alerte des avocats

Le barreau de Seine-Saint-Denis a dĂ©noncĂ© ce mercredi 21 octobre des conditions de dĂ©tention inacceptables pour des mineurs au dĂ©pĂŽt du tribunal judiciaire de Bobigny. Ces jeunes, interpellĂ©s lors d’Ă©vĂ©nements rĂ©cents liĂ©s Ă  un mouvement lycĂ©en et Ă  des pillages, ont Ă©tĂ© placĂ©s dans des cellules jugĂ©es « indignes » pour une nuit.

EN BREF

  • Des mineurs ont passĂ© la nuit dans des cellules froides et sales Ă  Bobigny.
  • Le procureur a reconnu des manquements et promis des amĂ©liorations.
  • Les avocats dĂ©noncent une situation rĂ©sultant de directives ministĂ©rielles.

AprĂšs une visite matinale au dĂ©pĂŽt, quatre avocats du barreau ont rapportĂ© que 17 mineurs avaient Ă©tĂ© retenus dans des conditions « inacceptables ». Ils ont constatĂ© l’absence de matelas, des cellules sales, des couvertures de survie comme seul Ă©quipement, et des bouteilles d’urine laissĂ©es par des occupants prĂ©cĂ©dents. Les avocats ont exprimĂ© leur indignation, affirmant que « la fermetĂ© ne saurait justifier qu’on prive des enfants de leur dignitĂ© ».

Le procureur de Bobigny, Alexandre de BosschĂšre, a reconnu ces manquements dans un communiquĂ©, s’engageant Ă  ce que la prĂ©sentation de mineurs durant la nuit soit limitĂ©e Ă  des cas exceptionnels, conformĂ©ment Ă  un engagement pris en 2025. Il a Ă©galement annoncĂ© l’interdiction d’utiliser des cellules individuelles, jugĂ©es trop petites pour les mineurs.

Les conditions de dĂ©tention ont Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©vĂšres, avec des mineurs tremblant de froid et sans accĂšs Ă  un kit d’hygiĂšne. Le rapport d’inspection a mis en lumiĂšre des cellules oĂč des jeunes Ă©taient allongĂ©s au sol, sans matelas, ce qui a suscitĂ© une rĂ©action forte de la part des avocats. Des photos illustrant cette situation ont Ă©tĂ© jointes au rapport, accessible en ligne.

En outre, ce dĂ©pĂŽt a dĂ©jĂ  connu des controverses par le passĂ©, notamment un incident en 2022 impliquant des allĂ©gations de viols par des policiers. À l’Ă©poque, le parquet avait promis qu’aucun mineur ne passerait la nuit dans ce lieu, sauf circonstances exceptionnelles.

Les avocats ont aussi soulignĂ© que la situation actuelle Ă©tait la consĂ©quence directe d’une circulaire envoyĂ©e par le ministre de la Justice, GĂ©rald Darmanin, incitant Ă  une rĂ©ponse pĂ©nale ferme et rapide. Le procureur a justifiĂ© la situation en expliquant que la prĂ©sentation nocturne de ces 17 mineurs Ă©tait exceptionnelle, Ă©tant donnĂ© que 14 d’entre eux Ă©taient liĂ©s Ă  une seule procĂ©dure pour des faits de vol aggravĂ©.

La rĂ©action du public a Ă©tĂ© immĂ©diate, avec environ 200 manifestants se rassemblant devant le tribunal pour dĂ©noncer les interpellations des mineurs. Cette mobilisation tĂ©moigne de l’inquiĂ©tude croissante face Ă  des traitements jugĂ©s inhumains.

Alors que la vĂ©tustĂ© des infrastructures est connue, des travaux pour construire de nouveaux locaux devraient commencer en novembre. Les avocats et les dĂ©fenseurs des droits de l’homme continuent de surveiller la situation, espĂ©rant que des mesures concrĂštes seront mises en place pour garantir des conditions de dĂ©tention respectueuses des droits des mineurs.

La situation des mineurs à Bobigny soulÚve non seulement des préoccupations sur les conditions de détention, mais aussi sur le traitement des jeunes dans le systÚme judiciaire français. Les répercussions de ces événements pourraient influencer les politiques futures et les pratiques des institutions judiciaires.