Conflit au Moyen-Orient : impact sur les marchés financiers et hausse des prix du pétrole

Le mercredi 11 octobre 2023, la guerre au Moyen-Orient a eu des répercussions notables sur les marchés financiers, provoquant une hausse des prix du pétrole et un retournement de tendance sur les Bourses mondiales. Les analystes s’accordent à dire que la situation est marquée par une forte volatilité, laissant présager des conséquences à court terme sur l’économie.

EN BREF

  • La guerre au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix du pétrole.
  • Les Bourses mondiales subissent un retournement après une reprise temporaire.
  • Les banques centrales surveillent de près les impacts inflationnistes sur l’économie.

Le cours du pétrole a connu une augmentation significative mercredi, avec le baril de Brent, référence mondiale, grimpant de plus de 5 % en raison d’une frappe sur des infrastructures énergétiques critiques en Iran. L’impact sur le marché du gaz a également été notable, avec une hausse de 6,18 % du prix du mégawattheure en Europe.

Selon Steve Sosnick, analyste chez Interactive Brokers, « rien ne semble devoir faire remonter les marchés ». Patrick O’Hare de Briefing.com a également souligné que les cours du pétrole demeurent une source de volatilité pour les Bourses.

Les craintes d’escalade des tensions au Moyen-Orient ont été renforcées par les réactions de pays comme le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont condamné l’attaque. Charlotte de Montpellier, économiste à la Banque ING, a précisé que cette frappe « change fondamentalement la donne » et pourrait entraîner des représailles.

Les Bourses ont ainsi enregistré un recul notable. À Paris, l’indice a terminé en baisse de 0,06 %, tandis que Francfort a perdu 0,96 % et Londres 0,94 %. De l’autre côté de l’Atlantique, le Dow Jones a chuté de 1,63 % et le Nasdaq de 1,46 %.

Augmentation des taux d’intérêt

Le mouvement sur les marchés a également eu pour conséquence une remontée des taux d’intérêt des États. Le rendement des emprunts à dix ans des États-Unis est passé à 4,27 %, contre 4,20 % précédemment. En France, le taux a atteint 3,60 %, tandis qu’en Italie, il a grimpé à 3,73 %.

Les banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, ont pris note de cette situation. Lors d’une conférence de presse, Jerome Powell a déclaré qu’il était « trop tôt pour déterminer l’ampleur et la durée des effets potentiels » du conflit sur l’économie. Il a néanmoins reconnu que la hausse des prix de l’énergie pourrait entraîner une inflation plus élevée.

Les prévisions de la Fed indiquent désormais que l’inflation aux États-Unis pourrait atteindre 2,7 % d’ici fin 2026, une hausse par rapport aux 2,4 % anticipés en décembre dernier. Pour sa part, la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas relever ses taux, face aux risques d’inflation liés à l’augmentation des prix du pétrole.

Surveillance des risques inflationnistes

Les analystes, comme Fawad Razaqzada de FOREX.com, soulignent qu’il devient de plus en plus difficile pour la BCE d’ignorer les impacts sur les perspectives de croissance. Mercredi, la Banque centrale du Canada a également maintenu son taux directeur à 2,25 %, tout en surveillant les risques inflationnistes liés à la hausse des prix de l’énergie.

Dans ce contexte mondial incertain, les marchés continueront à suivre de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient et ses conséquences sur les économies locales et internationales. Les investisseurs doivent rester vigilants face à la volatilité qui pourrait persister dans les semaines à venir.