Conflit en Iran : des hausses de prix du gaz à prévoir cet été en Europe

À l’approche du printemps, alors que les chauffages se mettent au repos, une nouvelle inquiétude s’installe chez les consommateurs : la facture de gaz pourrait connaître une forte augmentation. Cette situation découle de l’opération militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a eu pour effet immédiat de faire grimper les prix de l’énergie sur les marchés européens.

EN BREF

  • Les tensions entre l’Iran et l’Occident perturbent le marché du gaz.
  • Le prix du gaz a déjà bondi, augmentant les coûts pour les consommateurs futurs.
  • Les ménages doivent anticiper une hausse potentielle de leurs factures d’électricité.

Le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, un passage stratégique pour le transport maritime de pétrole et de gaz, a exacerbé la situation. Ce détroit représente environ 20 % des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et les grandes entreprises d’importation, notamment en Asie, sont désormais en concurrence directe avec les acheteurs européens, cherchant à sécuriser des cargaisons alternatives.

Les assureurs maritimes, inquiets des risques militaires, exigent des primes d’assurance plus élevées, ce qui augmente les coûts d’expédition. Le prix du contrat à terme néerlandais TTF, référence sur le marché européen, est passé d’environ 32 €/MWh à plus de 50 €/MWh début mars, atteignant même un pic au-dessus de 60 €/MWh. Ce scénario rappelle les hausses spectaculaires des prix observées lors de la crise de 2022, où le TTF avait frôlé les 300 €/MWh.

Pour les ménages, la situation dépendra du type de contrat souscrit. Ceux qui disposent d’un contrat à prix fixe ne subiront pas d’augmentation immédiate. Nicolas Goldberg, associé énergie chez Colombus Consulting, souligne que ces clients ne devraient rien ressentir avant le renouvellement de leur contrat, mais le risque d’une hausse subsiste au moment de la reconduction si les prix de gros demeurent élevés.

Pour ceux ayant opté pour des contrats indexés, la situation se complique. Le prix repère du gaz, qui a déjà augmenté de 5,3 % pour le chauffage et de 4 % pour la cuisson et l’eau chaude au 1er mars 2026, pourrait entraîner une hausse des factures. Par exemple, une famille qui payait 120 € en plein hiver pourrait voir sa facture diminuer à 40 ou 50 € au printemps, grâce à l’arrêt du chauffage. Toutefois, une augmentation de 10 à 15 % pourrait peser sur le budget mensuel à l’approche de la prochaine saison froide.

Les implications du choc gazier ne se limitent pas aux factures de gaz. En France, le prix de gros de l’électricité a également connu une remontée, atteignant environ 60 €/MWh, un niveau proche du coût historique du nucléaire. La structure énergétique française, qui repose largement sur le nucléaire, limite pour l’instant la propagation directe de la hausse des prix du gaz aux factures d’électricité des particuliers. Cependant, les pays voisins comme l’Allemagne et l’Italie, plus dépendants des centrales à gaz, pourraient voir leurs coûts de production électrique s’envoler si le conflit en Iran se prolonge.

Les interconnexions européennes pourraient entraîner une hausse des tarifs de gros français en cas de maintien des prix élevés chez ces pays voisins. Dans ce contexte, il est conseillé aux ménages de vérifier la nature de leur contrat et de suivre l’évolution des prix repères. Pour ceux qui se sentent plus exposés, envisager de sécuriser un prix fixe avant l’hiver prochain pourrait s’avérer judicieux si les tensions autour du détroit d’Ormuz persistent.