La nuit du 27 au 28 mai a été marquée par des événements significatifs au Moyen-Orient, témoignant d’une escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Alors que la trêve en vigueur depuis le 8 avril semblait permettre un répit, les récents affrontements soulignent la fragilité de la situation. Les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens et ont mené des frappes sur une base terrestre, provoquant une réponse immédiate de Téhéran.
EN BREF
- Les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens et frappé une base à Bandar Abbas.
- Les Gardiens de la Révolution iraniens ont riposté en attaquant une base américaine.
- Les négociations pour un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis stagnent.
Selon un responsable américain, l’abattage des drones, qualifiés de « menace autour du détroit d’Ormuz », a été justifié par la nécessité de maintenir le cessez-le-feu. Parallèlement, l’armée américaine a frappé une station de contrôle à Bandar Abbas, considérée comme une menace potentielle à l’envoi d’un cinquième drone.
Des médias iraniens ont rapporté des explosions près de Bandar Abbas, illustrant l’intensité de la situation. En réponse, les Gardiens de la Révolution ont ciblé une base américaine dont l’identité n’a pas été précisée. De plus, l’armée koweïtienne a confirmé être confrontée à des attaques par missiles et drones.
Les tensions se sont également manifestées par des tirs de semonce des forces iraniennes visant des navires tentant de traverser le détroit d’Ormuz, un passage maritime crucial pour le transport du pétrole et du gaz naturel. Cette situation a des répercussions directes sur l’économie mondiale, entraînant une hausse du prix de l’or noir.
Les négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit se heurtent à de nombreux obstacles. Le président américain, Donald Trump, a exprimé des doutes sur la volonté de l’Iran de parvenir à un accord, affirmant : « Ils veulent vraiment conclure un accord. Ils n’y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l’être. »
Du côté iranien, l’accès à Internet a été partiellement rétabli après une coupure prolongée, mais les connexions restent instables. Un habitant de Téhéran a partagé son inquiétude face à la situation : « On se demande tous les jours : ’Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir ?’ »
En parallèle, l’Iran est en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les États-Unis, qui devrait prioriser la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. Toutefois, la Maison Blanche a réagi en qualifiant ce projet d’« invention totale ».
Les discussions portent sur un engagement des États-Unis à lever le blocus sur les ports iraniens en échange du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut consommé dans le monde. Ce mercredi, le Trésor américain a imposé des sanctions à l’encontre d’une nouvelle agence iranienne chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz.
Enfin, l’Iran cherche à débloquer 24 milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger, ce qui constitue l’un des principaux points de tension dans les négociations, aux côtés du dossier nucléaire. Les États-Unis demandent la destruction des stocks d’uranium hautement enrichi, tandis que Téhéran a nié toute intention de se doter de l’arme nucléaire.