Confusion et tensions au procès de la DZ Mafia : évacuation de la salle d’audience

Le procès des présumés meneurs de la DZ Mafia a connu un nouvel incident ce jeudi 9 avril, marquant le deuxième jour consécutif d’audiences tumultueuses. Les tensions sont montées en flèche alors qu’une témoin clé, Selma, a modifié son témoignage sur le double assassinat survenu le 30 août 2019 à Plan-de-Campagne, près de Marseille.

EN BREF

  • Le procès a été marqué par une évacuation de la salle suite à des tensions.
  • Selma, une témoin clé, a changé sa version des faits, provoquant des réactions vives.
  • Le verdict, initialement prévu pour le 10 avril, pourrait être prolongé ce week-end.

Selma, qui avait témoigné peu après la mort de son ex-compagnon Farid Tir, a d’abord évoqué des rumeurs en rapportant des noms, notamment celui de Gaby, un homme qu’elle ne connaissait pas. Cependant, lors de son interrogatoire par la cour, son discours a considérablement évolué. Elle a affirmé ne plus avoir d’informations précises, indiquant que des rumeurs circulaient abondamment à Marseille. Cette volte-face a suscité des doutes chez les avocats de la défense, qui ont interrogé la témoin de manière insistante, sans obtenir de réponses satisfaisantes.

« Toutes les questions que vous me posez c’est faux, et ça y est je n’ai plus envie de répondre, je ne réponds plus ! » a-t-elle déclaré, illustrant son agacement face à la pression de l’audience. Les avocats de la défense ont suggéré que Selma avait été influencée par la police, une affirmation qu’elle a vigoureusement niée.

Karim Harrat, accusé d’être le commanditaire du meurtre, n’a pas hésité à s’adresser directement à Selma, cherchant à savoir si elle avait été orientée par les forces de l’ordre. Il a tenté de se défendre en déclarant : « Je n’ai rien à voir de près ou de loin avec la mort de ton mari et ça me fait de la peine. » Malgré ses efforts, Selma a maintenu un refus constant de répondre à ses questions.

Parallèlement, Gabriel Ory, un autre accusé, a tenté de défendre sa position, en arguant que Selma était sous la pression de la sœur de Farid Tir. La tension a rapidement grimpé, entraînant une série d’échanges houleux entre les accusés et les parties civiles, ponctués d’insultes. La situation a atteint un point de non-retour, provoquant l’évacuation de la salle par les forces de l’ordre.

La présidente du tribunal a tenté de reprendre l’audience dans un cadre plus calme, sans public, dans l’espoir d’apaiser les esprits. Les avocats de la défense, de leur côté, ont continué de contester la validité des preuves présentées, arguant que des témoignages anonymes et des expertises douteuses avaient été utilisées contre leurs clients.

Alors que le verdict était initialement prévu pour le 10 avril, le procès semble s’embourber, avec des interrogatoires des accusés sur le fond du dossier toujours en attente après presque trois semaines d’audience. Le climat d’incertitude et de tension ne fait qu’accentuer la gravité de la situation, laissant présager un prolongement des débats ce week-end.

Ce procès, qui met en lumière les sombres affaires de la DZ Mafia, continue de captiver l’attention du public et des médias, alors que le jugement se fait toujours attendre.