Cortisol : démêler le vrai du faux sur l’hormone du stress selon une experte

Dans un monde où le stress est omniprésent, le cortisol, souvent désigné comme l’hormone du stress, est fréquemment pointé du doigt. La neuroendocrinologue Marie-Pierre Moisan, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), s’emploie à clarifier les idées reçues sur cette hormone essentielle.

EN BREF

  • Le cortisol est vital pour la santé et ne doit pas être supprimé.
  • Le stress est souvent la véritable cause des dérèglements liés au cortisol.
  • Les idées reçues sur le cortisol peuvent mener à des malentendus sur la prise de poids et la fatigue.

La perception du cortisol sur les réseaux sociaux est souvent négative, le liant à divers maux tels que la prise de poids, la fatigue et un vieillissement accéléré. Cependant, Marie-Pierre Moisan insiste sur le fait que le cortisol joue un rôle crucial dans le bon fonctionnement de l’organisme. « Sans lui, notre cœur souffrirait, nos os s’affaibliraient et notre peau ne se régénérerait pas », souligne-t-elle. L’objectif n’est donc pas de réduire le cortisol, mais d’en maintenir un équilibre.

Le lien entre stress et prise de poids

Marie-Pierre Moisan observe qu’environ 40 % des individus tendent à manger davantage en période de stress. Cette augmentation du cortisol peut provoquer une envie accrue d’aliments riches en graisses et en sucres, entraînant une prise de poids, notamment au niveau de l’abdomen, souvent désigné par le terme « cortisol belly ». Toutefois, il est essentiel de rappeler que le stress est le véritable coupable. Pour les 60 % restants, qui ne ressentent pas cette augmentation de l’appétit, d’autres causes doivent être explorées.

Fatigue et sommeil : un cercle vicieux

En cas de fatigue persistante, la neuroendocrinologue recommande de s’interroger sur la qualité du sommeil. Un sommeil fragmenté peut dérégler la production de cortisol, créant un cycle de fatigue continue. « Un sommeil de mauvaise qualité peut mener à un taux de cortisol trop bas, aggravant ainsi la fatigue », note-t-elle. Les causes sous-jacentes peuvent être liées à un stress chronique ou à des déséquilibres hormonaux, comme ceux observés durant la péri-ménopause.

Cortisol et vieillissement

Des recherches ont montré que le respect d’un rythme de production de cortisol, avec des niveaux élevés le matin et réduits le soir, est bénéfique pour les personnes âgées. Il a été observé que cela améliore la mobilité et l’équilibre. Cependant, Marie-Pierre Moisan avertit qu’il est difficile de déterminer si un excès de cortisol affaiblit le corps ou si c’est le vieillissement qui entraîne une production accrue de cette hormone.

Mythes autour de l’apparence physique

La « cortisol face », caractérisée par un visage enflé, est souvent associée à un excès de cortisol. Marie-Pierre Moisan corrige cette idée : « L’obésité facio-tronculaire est très rare et ne se rencontre que dans le syndrome de Cushing, une pathologie qui affecte entre 1 et 6 personnes par million chaque année ». Les niveaux de cortisol en situation de stress chronique sont nettement inférieurs à ceux observés dans cette maladie.

Au final, il est crucial de s’informer de manière précise sur le cortisol et son rôle dans notre corps. Les idées reçues peuvent induire en erreur et mener à des solutions inappropriées face à des problématiques de santé. La meilleure approche reste d’agir sur le stress lui-même et de chercher des moyens de le gérer efficacement.