La lutte mondiale contre le VIH/sida traverse une période critique, avec des financements en chute libre. Angeli Achrekar, directrice exécutive adjointe d’Onusida, a récemment déclaré à l’Agence France Presse que la riposte mondiale « s’essouffle complètement ». Cette situation alarmante a été mise en lumière lors de la Conférence internationale sur le sida, qui s’est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, le 27 juillet dernier.
EN BREF
- Les financements internationaux pour la lutte contre le VIH ont chuté de près de 20 % en 2025.
- Depuis 2011, les contributions des pays européens ont diminué de 58 %.
- La dépendance des pays à faible revenu à l’aide publique pour lutter contre le VIH atteint 90 %.
Cette baisse des financements, qui n’avait pas été observée depuis des décennies, soulève des inquiétudes quant à une potentielle résurgence du virus. Achrekar a averti que sans un effort collectif similaire à celui réalisé par le passé, le monde pourrait voir une nouvelle vague d’infections. En effet, le rapport d’Onusida, présenté lors de la conférence, révèle qu’en 2025, les financements mondiaux pour le VIH dans les pays à revenu faible et intermédiaire ont baissé de 18 %.
Les États-Unis, bien qu’ils aient réduit leur budget d’aide internationale sous l’administration de Donald Trump, restent la principale source de financement, représentant 74 % des fonds publics alloués à la lutte contre le VIH. Cependant, les coupes budgétaires opérées depuis son retour à la Maison Blanche en 2025 ont eu un effet domino, affectant des pays européens tels que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cette situation soulève des interrogations sur la capacité du monde à maintenir ses efforts contre le VIH.
Les pays en développement, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne, sont particulièrement vulnérables. Beaucoup d’entre eux dépendent à hauteur de 90 % de l’aide publique au développement pour financer leurs programmes de lutte contre le VIH. Bien que des efforts locaux soient intensifiés, les experts estiment qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact réel de cette réduction des financements sur la santé publique.
Malgré ces défis, des progrès ont été réalisés. En 2025, le nombre de nouvelles infections par le VIH et de décès liés au sida a atteint son niveau le plus bas depuis plus de trente ans. Cependant, le rapport d’Onusida met en lumière une tendance inquiétante : les nouvelles infections ont augmenté dans 21 pays, ce qui souligne la nécessité d’une mobilisation accrue et d’un soutien financier durable.
La communauté internationale doit donc réévaluer ses priorités en matière de santé publique. La lutte contre le VIH/sida est un enjeu majeur qui nécessite une coopération et un engagement constants. Les déclarations d’Onusida ne doivent pas être prises à la légère, car elles alertent sur un phénomène qui pourrait avoir des conséquences désastreuses si aucune action n’est entreprise rapidement.