Un mois après le drame tragique survenu à Crans-Montana, l’émotion reste vive au sein de la station suisse. Le bilan s’est alourdi à 41 morts et plus d’une centaine de blessés, alors que l’incendie ayant ravagé le bar Le Constellation continue de marquer les esprits. Les enquêteurs s’efforcent de reconstruire les événements afin de déterminer les responsabilités dans cette catastrophe.
EN BREF
- 41 morts et 115 blessés dans l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana.
- Jacques et Jessica Moretti, propriétaires, risquent jusqu’à cinq ans de prison.
- Les investigations mettent en lumière des manquements au niveau des contrôles de sécurité.
Au cœur de cette affaire, Jacques et Jessica Moretti, les propriétaires de l’établissement, sont sous le feu des projecteurs. Les investigations avancent, bien que lentement, et les questions demeurent : comment un tel drame a-t-il pu se produire et qui en supporte la responsabilité ? Selon des sources judiciaires, les Moretti pourraient être confrontés à des peines de prison significatives.
Les enquêtes se poursuivent dans le canton du Valais, où les juges s’efforcent de reconstituer le déroulement des faits minute par minute. Récemment, un témoignage saisissant a été recueilli. Jean-Marc G., présenté comme le « fils adoptif » de Jacques Moretti, a été entendu par les autorités. Il était en couple avec Cyane Panine, une serveuse décédée dans l’incendie, et a raconté avoir tenté de la sauver en lui prodiguant un bouche-à-bouche, tandis que Jacques Moretti réalisait un massage cardiaque pendant près d’une heure.
Ce récit poignant met en lumière la panique et le désespoir qui régnaient ce jour-là. Cependant, il soulève également des interrogations sur les éventuels manquements ayant conduit à cette tragédie. À Crans-Montana, l’émotion est palpable et les attentes vis-à-vis de la justice grandissantes.
Ce vendredi, le responsable de la sécurité de la commune a été auditionné pour la première fois. Arrivé à son poste en mai 2024, il ne pourra pas éclairer les enquêteurs sur l’absence de contrôles du bar Le Constellation depuis 2019. En revanche, il devra justifier l’absence d’inspections depuis son arrivée, malgré l’obligation légale d’effectuer ces vérifications chaque année.
Cette situation intrigue les avocats des parties civiles, car elle pourrait démontrer que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules des propriétaires, mais pourrait également impliquer la collectivité locale. Si des manquements administratifs sont avérés, cela pourrait élargir le champ des responsabilités concernant ce drame tragique.
Des peines lourdes en perspective
Du point de vue pénal, l’enquête est encore loin d’être achevée. Toutefois, les chefs d’accusation actuellement envisagés donnent déjà une idée des risques encourus par le couple Moretti. Ils sont poursuivis pour incendie par négligence, lésions corporelles par négligence et homicide par négligence. Ces infractions sont particulièrement graves selon le droit suisse, surtout au regard du bilan humain tragique qui s’élevait à 41 morts et 115 blessés.
D’après les informations disponibles, ces accusations exposeraient les Moretti à des peines maximales comprises entre trois ans et demi et quatre ans et demi de prison. Si la justice venait à requalifier les faits en homicide intentionnel, la peine maximale pourrait alors atteindre cinq ans d’emprisonnement. Bien que cette hypothèse ne semble pas être privilégiée pour le moment, elle demeure une possibilité sur le plan juridique.
Les mois à venir s’annoncent cruciaux pour établir les responsabilités, déterminer les peines éventuelles et évaluer les conséquences judiciaires, humaines et financières de l’un des incendies les plus meurtriers que la Suisse ait connus ces dernières années.