Un mois après l’incendie meurtrier survenu à Crans-Montana, Mélanie Van de Velde, une des survivantes, a décidé de s’exprimer à travers une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux. Dans ce témoignage poignant, elle évoque les conséquences dévastatrices de ce drame, tant sur sa vie que sur son corps.
EN BREF
- Mélanie Van de Velde a survécu à l’incendie du bar ‘Le Constellation’ à Crans-Montana.
- Elle décrit des souffrances physiques et psychologiques intenses après l’accident.
- La justice suisse poursuit son enquête sur les responsables de ce drame.
Dans sa lettre, Mélanie, âgée de 32 ans, a partagé son récit bouleversant de la nuit tragique du 31 décembre 2025. Présente dans le bar au moment du sinistre, elle a choisi de sauter par-dessus une rambarde pour échapper aux flammes, un acte qu’elle décrit non pas comme une bravoure, mais comme un instinct de survie. « Je suis cette fille dont on parle parfois sans jamais dire le nom », écrit-elle, exprimant ainsi la douleur d’être réduite à une simple statistic.
L’incendie a coûté la vie à 41 personnes et blessé 116 autres, laissant des séquelles irréparables. Hospitalisée d’abord à Zurich, puis transférée à Nantes, Mélanie évoque la difficulté d’être éloignée de sa famille et de sa fille, ce qui rend sa souffrance encore plus insupportable. « Loin de chez moi. Loin de ma vie. Et surtout loin de ma fille, que je ne peux pas prendre dans mes bras quand la douleur devient insupportable », confie-t-elle.
Les blessures de Mélanie sont graves, elle a subi des brûlures sur près de 40 % de son corps. Son quotidien est désormais rythmé par des soins médicaux douloureux. « Chaque pansement, tous les 2 jours, est une épreuve. Chaque soin ravive la douleur », déclare-t-elle, soulignant la lutte constante contre la souffrance physique et émotionnelle. Elle qualifie son corps de « champ de bataille », une métaphore poignante de sa nouvelle réalité.
Au-delà des souffrances physiques, Mélanie aborde une autre perte, celle de son visage, qui ne lui ressemble plus. « Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus », déplore-t-elle, mettant en lumière l’impact psychologique de son accident. Cette transformation, elle la décrit comme une perte intime et silencieuse, difficile à expliquer à ceux qui n’ont pas vécu une telle épreuve.
Dans sa lettre, elle exprime également sa colère envers ceux qu’elle considère comme responsables de ce drame, notamment les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti. « Pendant que je subis des interventions lourdes, d’autres continuent de vivre normalement. Libres. Sans brûlures. Sans cicatrices », déclare-t-elle, déplorant l’injustice de sa situation.
Mélanie explique enfin pourquoi elle a décidé de prendre la parole. « J’écris parce que le silence est une deuxième brûlure. Parce que l’oubli est insupportable quand on vit avec des cicatrices permanentes », affirme-t-elle. Sa voix résonne comme un cri de ralliement pour toutes les victimes, soulignant que survivre ne signifie pas se taire. « Je suis Mélanie. Je suis vivante. Mais je vis désormais dans un corps et un visage qui ne seront plus jamais les mêmes », conclut-elle avec une force émotive marquante.
Les investigations se poursuivent en Suisse, alors que le couple Moretti et deux autres hommes sont toujours interrogés par la justice concernant les circonstances de l’incendie. Les conséquences de cette nuit tragique continuent de peser lourdement sur les survivants et les familles des victimes.