Les investigations autour du drame de Crans-Montana, en Suisse, continuent de livrer des éléments troublants. Alors qu’environ 160 personnes se trouvaient dans le bar « Constellation » la nuit de l’incendie, un examen des vidéosurveillance a révélé qu’une issue de secours était verrouillée peu avant le sinistre. Cette découverte soulève des questions cruciales sur les conditions d’évacuation lors de cette tragédie qui a fait 41 victimes et 115 blessés.
EN BREF
- Une sortie de secours était verrouillée lors de l’incendie à Crans-Montana.
- Des vidéos montrent un homme verrouillant cette issue 1 minute avant le sinistre.
- Les époux Moretti, propriétaires du bar, contestent les accusations sur les consignes de sécurité.
Le 12 octobre 2023, les enquêteurs ont analysé des images de vidéosurveillance qui mettent en lumière un événement clé de cette nuit tragique. Selon des sources proches de l’enquête, un homme aurait été vu en train de verrouiller une porte de service juste avant que l’incendie ne se déclare. Cette porte, souvent considérée comme une issue de secours, était fermée par un verrou placé à deux mètres de hauteur, compliquant son ouverture en cas d’urgence.
Les circonstances entourant le verrouillage de cette porte sont particulièrement préoccupantes. Plusieurs personnes ont été retrouvées à proximité de cette issue, suggérant qu’elles ont tenté de fuir par là. Les images montrent également que l’homme a levé le bras vers le loquet, bien que la caméra n’ait pas permis de déterminer clairement s’il a effectivement verrouillé la porte.
La situation soulève des interrogations quant aux consignes de sécurité mises en place par les propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti. L’avocat du serveur présent ce soir-là a affirmé que si la directive était de maintenir la porte fermée, cela provenait des époux Moretti et non d’une décision prise par le personnel. En revanche, les Moretti soutiennent qu’un employé d’un autre de leurs établissements aurait agi de son propre chef. Cette version est cependant contestée par l’individu concerné.
Un agent de sécurité a également témoigné avoir entendu Jessica Moretti ordonner de condamner les issues secondaires, ajoutant ainsi un flou autour des instructions réelles données cette nuit-là. Face à ces divergences, l’avocat des Moretti a tenté de minimiser l’impact de la question du verrouillage sur la responsabilité pénale des époux, en affirmant que cette porte n’était pas une sortie de secours et qu’elle pouvait donc être verrouillée.
Bien que cela puisse sembler un détail dans le cadre de l’analyse judiciaire, la question des issues de secours est au cœur des préoccupations des enquêteurs. Un autre accès, situé au sous-sol, bien qu’il respectât les normes, était obstrué, laissant perplexes de nombreux témoins qui ont observé des personnes passer sans utiliser cette issue. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour déterminer si des erreurs de gestion de la sécurité ont contribué à l’ampleur de cette tragédie.
Alors que les victimes et leurs familles continuent de faire face à l’horreur de cette nuit fatidique, la lumière doit être faite sur les faits. Chaque nouvelle information pourrait jouer un rôle décisif dans la compréhension exacte de ce qui s’est passé et des responsabilités qui en découlent.