En ce début d’année 2026, les taux de crédit immobilier semblent enfin se stabiliser après deux années de hausse significative. Les banques affichent des barèmes autour de 3,2 % à 3,4 %, offrant ainsi un certain répit aux acheteurs. Toutefois, derrière cette moyenne nationale se cache une réalité régionale très contrastée, où le coût d’un même projet peut varier considérablement selon l’emplacement.
EN BREF
- Les taux moyens de crédit immobilier se stabilisent autour de 3,2 % à 3,4 %.
- Les écarts régionaux peuvent faire économiser des milliers d’euros sur la durée d’un prêt.
- Les banques régionales ajustent leurs offres en fonction de la concurrence locale.
Selon les données fournies par Cafpi, les taux moyens varient : 3,18 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,39 % sur 25 ans, alors que les meilleurs profils peuvent obtenir des taux encore plus bas, de l’ordre de 2,95 % à 3,15 %. Un consultant de Cafpi a déclaré que l’arrivée du printemps pourrait contribuer à maintenir ces taux à un niveau similaire à celui de janvier, une nouvelle réjouissante pour les emprunteurs potentiels. Cependant, les disparités régionales demeurent marquées.
En janvier 2026, la Normandie se distingue avec un taux moyen de 3,06 % pour les prêts sur 15 ans, suivie par l’Île-de-France à 3,12 % et le Grand Est à 3,13 %. En revanche, pour les prêts sur 20 ans, les Hauts-de-France prennent la tête avec un taux de 3,13 %, tandis que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Centre-Val de Loire affichent 3,16 %. Pour les prêts de 25 ans, la région PACA reste leader à 3,33 %, juste devant l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire, tous deux à 3,34 %.
A l’opposé, certaines régions affichent des taux moins avantageux. Par exemple, sur 15 ans, la Nouvelle-Aquitaine se situe à 3,35 %, tandis que les départements d’outre-mer voient leurs taux grimper à 3,41 % sur 20 ans. Sur 25 ans, les Hauts-de-France atteignent 3,46 %. Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, relativise ces écarts : « Bien que les différences soient relativement contenues, elles peuvent représenter plusieurs milliers d’euros sur 20 ou 25 ans. »
Ces variations régionales sont souvent le résultat des stratégies commerciales des banques. Contrairement aux grands réseaux nationaux, les banques régionales ajustent leurs barèmes en fonction de la dynamique du marché local. Chaque établissement définit ses objectifs commerciaux individuellement, ce qui signifie que l’intensité de la concurrence influence directement les conditions d’emprunt. Plus la compétition est forte, meilleures sont les offres.
Pour les emprunteurs, la rapidité des changements dans les politiques de prêt complique la navigation dans cet environnement. Les conditions évoluent régulièrement, rendant la comparaison des offres encore plus difficile. Recourir à un courtier s’avère souvent judicieux, car cela permet d’accéder à une vision actualisée des barèmes locaux et d’identifier les banques les plus avantageuses pour un profil d’emprunteur donné.
Une question fréquente parmi les candidats au prêt est de savoir s’ils peuvent obtenir de meilleures conditions en se tournant vers d’autres régions. Pour une résidence principale, la réponse est généralement négative : « Les banques régionales préfèrent ne financer que les biens situés dans leur région », avertit Caroline Arnould. Elles craignent de perdre le contrôle sur le risque associé à un marché éloigné.
En revanche, pour une résidence secondaire ou un investissement locatif, les emprunteurs ont plus de flexibilité. Ils peuvent solliciter leur banque régionale pour financer un bien situé ailleurs. Dans certains cas, cette démarche peut entraîner une réduction de 0,30 point sur le taux d’intérêt, un avantage non négligeable sur la durée d’un prêt de 20 ou 25 ans.
Face à ces enjeux, il est plus important que jamais pour les emprunteurs de rester informés sur les tendances du marché et les offres des banques, afin de faire le meilleur choix financier possible.