Crues en Gironde : des milliers d’habitants privés d’eau potable face à la catastrophe

En pleine tempête, les habitants de Gironde subissent de plein fouet les conséquences des intempéries. Le ministère de la Transition écologique a indiqué que l’épisode pluvieux est « loin d’être terminé », et ce jeudi 19 février, la situation s’est aggravée pour plusieurs milliers de personnes. Confinés en raison de la crue de la Garonne, ils se retrouvent également sans accès à l’eau potable depuis lundi.

EN BREF

  • Des milliers d’habitants de Gironde sont privés d’eau potable en pleine crue.
  • Sept communes particulièrement touchées, dont Sainte-Croix-du-Mont et Verdelais.
  • Des distributions d’eau en bouteille sont organisées pour soutenir les sinistrés.

Les communes les plus affectées, telles que Gabarnac, Loupiac, Monprimblanc, Sainte-Croix-du-Mont, Saint-Maixant, Semens et Verdelais, sont sous haute surveillance. L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, en collaboration avec la préfecture, a recommandé de ne pas consommer l’eau du robinet pour boire, cuisiner ou même se laver les dents. Cette décision a été prise face à la contamination des réseaux d’eau potable, notamment après la rupture d’une digue à Sainte-Croix-du-Mont, provoquant des infiltrations dans les puits et forages.

À Sainte-Croix-du-Mont, le maire Michel Latapy a exprimé ses préoccupations face à la situation. Des distributions de packs d’eau ont été mises en place, mais l’accès aux routes principales est limité par les inondations. Les habitants doivent parfois traverser des champs pour se procurer de l’eau. Un résident, malgré ses blessures, témoigne de la solidarité qui règne dans la communauté : « C’est nickel de voir tout ce monde qui s’entraide ».

Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, les élus de Verdelais ont pris l’initiative d’organiser des tournées de porte à porte pour distribuer de l’eau. Chaque personne reçoit six bouteilles d’1,5 litre par jour afin de faire face à cette crise. Une habitante de Sainte-Croix-du-Mont a même décidé de ne pas utiliser l’eau du robinet pour se laver, craignant des bactéries : « On fait chauffer l’eau et on se lave au gant », a-t-elle déclaré.

En dépit des risques sanitaires potentiels, tels que les gastro-entérites, la maire de Verdelais, Corinne Ribauville, a voulu rassurer la population en affirmant que la situation ne mettait pas en danger la vie des habitants. Toutefois, les difficultés s’accumulent. À Saint-Maixant, un autre résident a souligné le chaos engendré par la coupure d’électricité de plus de 48 heures, suivie de la crise de l’eau.

Valérie Bonnet, directrice générale des services techniques de la commune, a expliqué que l’approvisionnement en eau potable pour les 300 habitants est soumis à un rationnement strict. « On essaie de distribuer un peu au compte-goutte, mais on distribue quand même », a-t-elle ajouté, témoignant de la complexité de la situation.

La crise en Gironde n’est pas isolée. D’autres communes en Dordogne, également placées en vigilance jaune, affrontent des problèmes similaires liés aux inondations. Tous attendent avec impatience une décrue rapide pour espérer retrouver un quotidien normal. En ces temps difficiles, la solidarité entre voisins s’affiche comme un rayon de lumière dans l’obscurité des épreuves.